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GIRLS – Father, Son, Holy Ghost

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En 2009, un duo masculin répondant au nom improbable de Girls débarque de plus ou moins nulle part avec un premier disque (« Album« ) qui va se retrouver en bonne position dans la majorité des référendums de fin d’année des magazines spécialisés. Leur rock indépendant mâtiné de pop inspirée des 60’s lorgnant vers le shoegazing va en effet se révéler diablement consistant au fil des écoutes, ainsi que sur scène (ils passeront notamment à l’Orangerie du Botanique et au Pukkelpop en 2010). Dans la foulée, ils enregistrent un EP, « Broken Dreams Club », destiné à canaliser leur énergie créatrice débordante. Il est vrai qu’entre-temps, Christopher Owens et Chet « JR » White se sont entourés d’un solide line-up qui leur permet désormais de développer avantageusement les idées imaginées par le premier nommé, qui reste plus que jamais la tête pensante du groupe. C’est donc avec le batteur Darren Weiss et le guitariste John Anderson qu’a été mis en boîte leur deuxième album, « Father, Son, Holy Ghost ».

La plage d’ouverture (« Honey Bunny ») fait parfaitement la jonction entre les deux plaques. Un rien Beach Boys (les harmonies vocales travaillées) mais en bien plus crédible que la surf pop simpliste de The Drums. C’est à partir d’« Alex » que débutent les choses sérieuses et que l’on se rend compte de l’amplitude du son mis en place par un groupe au grand complet. Légèrement mélancolique, il sied à merveille à la voix de Christopher Owens. C’est d’ailleurs dans ce cas de figure que le groupe se montre le plus convaincant (« Saying I Love You », délicieusement insouciant ou « My Ma », limite à vous arracher des larmes). Mentionnons également le très beau et troublant « Just A Song » (on pense à Sparklehorse) ainsi que l’excellent single « Vomit », à la structure aussi particulière que déstructurée (même les réminiscences gospel à la fin du morceau apportent un plus).

À travers ce nouveau disque, les natifs de San Francisco n’ont pas hésité à explorer de nouvelles pistes, au risque de perturber leurs fans. Ainsi, « Die » fait franchement classic rock du type Deep Purple avec des guitares mises en exergue avant de virer limite progressif aux envolées planantes. Plus loin, c’est presqu’en crooner que « Love Like A River » vient faire fi des idées préconçues. Quant à la délicate dernière plage (« Jamie Marie »), elle range définitivement Christopher Owens au rang de compositeur hors du temps. Avec « Father, Son, Holy Ghost », Girls nous amène la preuve que l’on n’a pas fini de s’inspirer des années 60. Mais lorsqu’on le fait avec un talent pareil, on ne peut que se réjouir du résultat…

Pays: US
Fantasy Trashcan FANTASY007 / Pias
Sortie: 2011/09/12

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