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VEILS (The) – The Runaway Found

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Le groupe anglais The Veils comprend Finn Andrews, voix, guitare, qui a vécu longtemps en Nouvelle-Zélande avec sa mère mais est aussi le fils de Barry Andrews, claviériste de XTC qui a aussi joué dans Shriekback, Ben Woollacott, batterie, Adam Kinsella, basse, et Oliver Drake, guitare.

A 16 ans, Finn Andrews tombe raide amoureux de Lavinia, une très belle jeune fille, selon ses dires. Cela se termine mal et il ne s’en remet pas. Il compose alors cette chanson sublime. The Veils sont venus aux Nuits Botanique cette année. Le groupe s’est dissous peu après la sortie de l’album en juin 2004.

Les premières notes de « The Wild Son » évoquent The Cure mais très rapidement, à la voix, on se rend compte de l’excellence de la mélodie douce amère composée par Finn Andrews, un jeune homme très doué pour ce genre d’exercice. N’empêche, il doit déjà avoir entendu Robert Smith.

Malheureusement, « Guiding Light », sans être moche, n’est pas du même tonneau. Les guitares sont un peu bruyantes et nuisent au climat d’ensemble. Quant à la rythmique, elle est assez prévisible.

Par contre, « Lavinia » est LA perle romantique à souhait. Sa voix caractéristique correspond à ce qu’il est réellement, dit-il, et il l’assume. Ce titre est pour beaucoup dans le succès de l’album par la qualité de sa mélodie mais aussi par les sentiments qu’il exprime.

Très belle mélodie aussi au début pour « More Heat Than Light », qui bifurque ensuite vers une musique nettement plus musclée qui augure bien de l’évolution future du bonhomme s’il arrive à guérir de sa peine de coeur. Le batteur s’en donne à cœur joie et les guitares sont mieux maîtrisées. Cela donne un morceau remarquable qui contraste avec le reste. La fin est réservée à la basse et à la batterie qui donnent enfin leur pleine mesure. Quel dommage, ce split.

« The Tide That Left And Never Came Back » est un Britpop classique caractérisé par une mélodie simple et un jeu de guitare assez conventionnel. Le reste est sans surprise et se laisse écouter, un peu comme Starsailor.

« The Leavers Dance » est nettement meilleur et la voix de Finn est bien adaptée à ce titre très mélodieux, qui se déroule sur un mid tempo vitaminé où les guitares semblent avoir trouvé le juste milieu entre l’efficacité et le bruit. Par contre, la partie réservée aux percussions est assez monotone et de nouveau très prévisible.

« Talk Down The Girl » est une ballade assez mièvre qui comporte néanmoins son lot de qualités, notamment le semblant de mélodie très douce qui contraste avec le titre précédent et le jeu tout en nuances des guitares enfin domptées.

Le très lent « The Valleys Of New Orleans » donne dans la tristesse sans limite. On dirait presque un chant d’adieu bourré de spleen, comme si le fait d’égrener des souvenirs douloureux pouvait apporter la consolation. Néanmoins, la voix de Finn Andrews convient parfaitement à cette atmosphère lourde.

« Vicious Traditions » comporte aussi son lot de cafard dévastateur et de tristesse rentrée. Après deux minutes, le ton monte, comme si Andrews voulait conjurer le mauvais sort. On a droit alors à une mélodie plus riche et plus positive, avec des guitares qui imposent leur puissance, pour retomber à la fin sur une note plus confidentielle.

On termine avec une ballade très douce, « The Nowhere Man », qui convient parfaitement comme conclusion en mode mineur.

Cet album low key possède des qualités incontestables. Finn Andrews est un compositeur très prometteur et s’il parvient à sortir du carcan du désespoir dans lequel il s’est enfoncé, il faudra compter avec lui dans l’avenir. Puisse-t-il ne pas devenir, pour des raisons très différentes, un deuxième Ian Curtis.

Pays: GB
Rough Trade CYCLE 016
Sortie: 2004/02/17

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