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1984 (The) – Room 101

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On ne connaît pas encore très bien les Belges de The 1984, mais avec le premier album bien rentre-dedans de ce combo nerveux et puissant, on aspire à ce qu’ils acquièrent une petite notoriété. Le groupe se forme en 2009 avec un principe simple : essayer de faire plus de bruit que Metallica et Queens Of The Stone Age réunis. Le quatuor élabore donc un hard rock stoner bien solide et graisseux, idéal pour décrasser les pots d’échappement des 38 tonnes ou les carburateurs de dragsters. Les choses avancent : The 1984 mettent en boîte une première démo quatre titres au studio Noise Factory (celui où Channel Zero forge ses galettes de plomb) quelques mois après leur création puis remportent le concours Puredemo en janvier 2010, suivi d’une quatrième place au concours Emergenza.

Après avoir ravagé un triangle d’or Waterloo – Bruxelles – Rixensart, Blaede (guitare), Gary Divito (batterie), Gregory Paternoster (basse), Nicholas Brynin et Nicolas Claus (guitare) étendent la menace du rock lourd en avril 2011 avec la confection de leur premier album, fomenté dans les laboratoires enfumés du studio Sainte-Marthe à Paris, sous la direction du savant fou Francis Caste (Zuul FX, Aqme, The Arrs). Autant dire que ça va dépoter un tantinet à l’écoute de ces onze titres tronçonneurs qui vont vous élaguer les tympans l’un après l’autre. Les hommes de The 1984 ne s’embarrassent pas de raffinements inutiles et vont droit au but, avec un hard costaud et racé, aux intonations metalliciennes, à la nervosité nirvanienne et à la puissance héritée de Soundgarden. Tout a déjà été défriché, mais c’est toujours un plaisir de revenir sur ces routes sentant bon le gas-oil et la poussière, parcourue de hordes de motards assoiffés et dangereux.

Dès « Julia » (rien à voir avec le titre tout en délicatesse de Pavlov’s Dog), les hommes de The 1984 lancent les engins lourds et plongent dans la fournaise d’un gros rock bien chaud. Les guitares balancent des vagues de son massif et la rythmique enfonce d’énormes coins à faire craquer les digues. Cette démonstration de force virile et gratuite va se poursuivre tout au long de l’album, avec des gracieusetés comme « Too late », de la finesse parnassienne (« The wall »), de la dentelle de Bohême (« Glass breaker »). Il y a quand même de vrais moments plus tranquilles avec des titres comme « On the lake » ou « The legacy », mais The 1984 retombe vite dans ses instincts les plus brutaux et nous sert de magnifiques pièces de fonte léchées au doom metal (« The embrace ») ou blindées à coups de riffs purulents (« Cycle »). Pour ceux qui n’auraient pas encore tout compris, les trois derniers titres « Such a call », « Skywards » et « Room 101 » terminent de donner le coup de grâce. Notons quand même, parenthèse culturelle, que la Room 101 est une chambre de torture dont George Orwell parle dans son célèbre roman d’anticipation « 1984 ». La voix qui introduit le dernier morceau de l’album cite d’ailleurs une phrase extraite du roman d’Orwell. On n’est pas que brutal chez The 1984, on a aussi des lettres.

The 1984 rejoint la liste des excellents groupes de stoner belge, comme Cowboys & Aliens, Triggerfinger, Millionaire ou Cabrón. Leur site ne parle pas de concerts prochainement, mais la tuerie représentée par « Room 101 » met l’eau à la bouche à l’idée de les voir un jour sur scène.

Pays: BE
Fakto Records FRBDIS1984
Sortie: 2011/10/01

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