CD/DVDChroniques

HENRY, Joe – Reverie

Notre évaluation
L'évaluation des lecteurs
[Total: 0 Moyenne: 0]

Joe Henry, vous connaissez ? Non ? Alors on va simplifier rapidement : c’est le mari de la sœur de Louise Ciccione, autrement dit le beau-frère de Madonna. Ça y est, il est célèbre. En fait, Joe Henry a bien d’autres motifs pour être fameux. Cela fait quand même 25 ans qu’il traîne sa voix anémique sur des albums solo que la critique prend pour parole d’évangile et qui trouvent un public infinitésimal pour les écouter. On lui doit ainsi une douzaine d’albums depuis le milieu des années 80, dont « Talk of heaven » (1986), « Murder of crows » (1989), « Short man’s room » (1992), « Trampoline » (1996), « Fuse » (1999), « Scar » (2001), « Tiny voices » (2003), « Blood from stars«  (2009) ou ce nouveau « Reverie » qui devrait mobiliser ses fans et peut-être séduire ceux qui ne le connaissent pas encore.

Joe Henry est également connu pour ses travaux de producteur, ayant œuvré sur des albums de Solomon Burke, Ani DiFranco ou Aimee Mann. Il a aussi produit son propre album « Tiny voices », qui est avec « Scar » un de ses albums les plus remarquables. Dans cette activité, Joe Henry a engrangé quelques récompenses notables : plusieurs Grammy Awards dans la catégorie blues (pour ses albums avec Solomon Burke, Bettye LaVette ou Mose Allison) et un autre Grammy dans le domaine du folk, pour un album des Caroline Chocolate Drops.

Comme pour ses précédents albums, Joe Henry produit « Reverie » et a recours à un de ses vieux compagnons en la personne de Marc Ribot. Ce dernier a un CV long comme le bras en matière de musicien de session, pour le compte d’une foule d’artistes (Tom Waits, John Zorn, Wilson Pickett, Elvis Costello, Robert Plant & Alison Krauss, The Black Keys, Alain Bashung, Elton John, Marianne Faithfull, pour n’en citer que quelques-uns). Henry fait également intervenir au chant des invités (Jean McClain, Patrick Warren, Lisa Hannigan) qui vont ponctuer cet album mélancolique de chœurs ou de réponses au chant lancinant de Joe Henry.

Mélancolique, lancinant, ce sont les adjectifs qui viennent à l’esprit pour qualifier ce nouvel album de Joe Henry. L’homme aligne quatorze chansons lentes, désabusées, aux paroles parfois surréalistes, enfoncées dans une nonchalance fatiguée. Il y a une sorte de côté fin de fête dans ces mélopées endormies, comme si Tom Waits en entonnait encore une dernière avant d’aller se coucher avec un bon mal de crâne. C’est ici affaire de goût ou de prédispositions naturelles pour saisir toute la substantifique moelle de ce disque qui, s’il fallait lui trouver un défaut, a un peu tendance à la redite au fur et à mesure de sa progression. Mais comme cet album possède au moins le pouvoir de faire sombrer dans la dépression nerveuse une majorette ou un champion de surf, il mérite néanmoins qu’on s’y intéresse.

Pays: US
Anti- Records
Sortie: 2011/10/11

Laisser un commentaire

This website uses cookies to analyze site traffic and improve your experience. By continuing to use this site, you consent to our use of cookies.
Music In Belgium