LINK (The) – Virtue
Le label bruxellois Fakto Records est apparu sur le marché il y a peu (2009) mais ses dirigeants ont du flair pour choisir de beaux espoirs dans de nombreuses spécialisations du rock. Ainsi, nous avons pu goûter et savourer il y a peu les Narcotic Daffodils, les bûcherons de The 1984 et maintenant les petits nerveux de The Link. Formé en 2007 à Bruxelles (sans doute dans une centrale électrique abandonnée), The Link est constitué de Nicola Lomartire, Michael Sanfilippo, Jonathan Elias et Greg Staub. Sous leurs airs d’étudiants en informatique, les gens de The Link cachent de redoutables petits trolls carnassiers gavés à l’électricité. Leur credo, c’est le post-hardcore brutal et complexe, dans la droite ligne du Mastodon des débuts.
N’est pas Mastodon qui veut, mais on peut reconnaître que The Link serait comme des petites graines de Mastodon en attente de croissance. Il n’y a plus qu’à arroser et ça poussera. Pour l’instant, on sent le potentiel, la volonté de déchirer les tympans, de voir les têtes se secouer lors des concerts, de voir les spectateurs voler jusqu’à la scène dans des séances de slam homériques. Mais pour le moment, on a encore des petits louveteaux en devenir qui peuvent devenir des loups dévastateurs si on les soutient, si on croit en eux. Ils ont certainement une capacité d’évolution étonnante, un potentiel à transcender leurs influences. Exemple : on les voit encore tripatouiller de honteuses influences émocore sur « Venus » et « What is missing from the scene », respectivement sixième et septième morceau de l’album, mais sur le huitième, ils ont déjà métamorphosé les aspects mélodiques douteux de l’émocore en des séquences grégoriennes électrifiées qui démontrent une capacité d’apprentissage et d’évolution peu commune. Adolescents crétins au début de leur album, ils sont devenus des compositeurs complexes et inventifs à la fin. La transformation la plus rapide de l’histoire depuis le docteur Jekyll.
Voilà comment ça se passe. Au début de l’album, The Link aplatit son auditoire sous des ruades de guitares hargneuses et de rythmiques aux arêtes coupantes. Ce n’est qu’à partir du cinquième morceau « Virtue part 1 » que le quartette daigne bien reposer les flingues et laisser refroidir les canons, pour un morceau moins dense, plus mélodique. Après une phase un peu plus abandonnée aux tentations émocore, The Link trouve l’idée de génie dans « Daydream milk and genocide » (au passage un nom parfaitement hallucinant), puis oblique sur un math rock de plus en plus complexe et de plus en plus captivant qui rayonne sur « Velvet glove around steel fistfuck » (quelle poésie!) et le titanesque « Rouge écarlate » (sept minutes éclatées entre brutalité déchirée et ruptures de rythmes). The Link n’est pas encore très grand, mais il faut absolument qu’on se procure de l’engrais parce que ça risque de faire pas mal de casse. À expérimenter en live au Magasin 4 le 4 décembre 2011.
Pays: BE
Fakto Records THELINK001
Sortie: 2011/09/30
