TIERSEN, Yann – Skyline
Attention, cette chronique est unique et traçable… tout comme le CD de « Skyline », le dernier opus de Yann Tiersen, dont nous avions chroniqué ici sa galette précédente, « Dust Lane« , sortie fin 2010.
Les fans ne seront pas déçus : le natif de Brest continue à composer des morceaux qui évoquent des mers déchaînées et les côtes découpées de sa Bretagne, quasi instrumental.
Skyline se situe dans le prolongement de « Dust Lane », à l’occasion duquel Tiersen avait enregistré des morceaux en vue d’un prochain album. Dès les premières notes de « Another Shore », la volonté de créer un maelstrom sonore un tant soit peu mélodieux fait surface, avec ce coté très Mogwai. Avec l’aide de sa scie musicale, il excelle dans l’art de brouiller les pistes, torturant les harmonies, ou relâchant la bride pour des passages plus calmes. Sur « Monuments », il invite Olavur Jacobson d’Orka. Sur « Exit 25 », une petite escapade expérimentale faite de cris féroces évoque un film d’épouvante. « Hesitation Wound » offre à l’auditeur une escapade psychédélique, hommage au krautrock. « Forgive me » montre le visage new-wave sombre de Yann Tiersen avec des guitares qui sonnent comme du Cure.
Décidément comme tout breton Yann Tiersen est têtu. Il a fait le choix de ne pas répondre au chant des sirènes du succès après l’épisode Amélie Poulain, et il nous livre un album personnel, revêche qui ne se laisse pas facilement apprivoiser, mais à écouter d’une traite. Rarement artiste est parvenu à nous faire toucher aussi bien son intimité par la musique. Les critiques anglais et américains sont aux anges, et même si c’est un album très réussi, on regrette l’époque où le son de Yann Tiersen se reconnaissait à mille autres, la candeur et la simplicité d’un album comme « Cascade Street ». Il y a bien des bribes de clavecin par-ci par-là, mais l’électronique y règne peut-être trop en maître.
Pays: FR
Mute Records
Sortie: 2011/10/17
