VALLENFYRE – A Fragile King
Certains artistes ne sont inventifs que lorsqu’ils font usage de substances illicites. D’autres ont besoin d’une stimulation amoureuse pour se sentir inspirés. D’autres encore ne sont jamais aussi créatifs que lorsqu’ils sont confrontés à la tristesse et à la souffrance. Gregor Mackintosch fait sans doute partie de cette troisième catégorie.
Le six-cordiste anglais compose les premiers riffs de Vallenfyre au lendemain du décès de son père. Par respect pour la mémoire de celui qui a toujours soutenu sa démarche artistique, le fondateur de Paradise Lost préfère chercher un exutoire à la tristesse dans la création plutôt que dans l’autodestruction. Cet ‘exorcisme de la douleur’ passe par un retour aux sources, le death, le crust-punk et le doom. Dans un premier temps, Mackintosch écrit et enregistre seul. À son étonnement, il éprouve énormément de plaisir à re-composer dans les styles musicaux qui ont bercé sa jeunesse et que Paradise Lost a abandonné au profit d’un rock gothique plus posé. C’est pour partager ce plaisir retrouvé qu’il décide d’impliquer quelques amis proches. Le Suédois Adrian Erlandsson, ex-At The Gates et batteur actuel du ‘Paradis Perdu’ est le premier élu. Hamish Glencross, le guitariste de My Dying Bride, est un ami de longue date. Les deux musiciens se retrouvent souvent dans un pub de leur ville d’Halifax pour descendre quelques ‘ales’ du pays. C’est d’ailleurs au cours de l’une de ces beuveries qu’Hamish accepte de se joindre à l’aventure. Scoot, le bassiste des combos crust-punk anglais Doom et Extinction Of Mankind a été le colocataire de Gregor Mackintosch. Il n’accepte cependant de se joindre à Vallenfyre qu’après s’être assuré que les compositions de Grégor ne compromettent pas son intégrité musicale. Mully, quant à lui, est un ami avec lequel Mackintosch aime écouter de la musique. Guitariste de plusieurs formations locales, il est plus qu’enthousiasmé à l’idée de se joindre au projet.
« A Fragile King » est un titre surprenant pour une galette aussi musclée. Il a été choisi en référence au combat terrible qui a opposé le père de Mackintosch à l’immonde crabe qui le rongeait. Violente et sombre, la musique évoque autant la colère et la frustration que la misère, le dégoût et la peine. Le guitariste anglais la décrit comme du death old school, teinté de doom et de crust.
Les références se succèdent dès que les haut-parleurs commencent à vomir leurs décibels : les riffs simples et tranchants empruntés au trash-death primaire d’Hellhammer et aux premiers méfaits de Celtic Frost ; le son saturé et sale du crust d’Amebix ; les ronflements grassouillets d’un death métal old school évoquant Autopsy ou Entombed, les ambiances glauques et pesantes puisée dans le passé de Paradise Lost et même, dans une moindre mesure, dans le doom classique de Candlemass. Gregor Mackintosch se charge lui-même des vocaux (NDR : ses lyrics sont, selon lui, bien trop personnels pour être interprétés par quelqu’un d’autre) et la voix caverneuse du guitariste se prête plutôt bien à l’exercice.
Le talent, la passion et les souvenirs ont permis à Gregor Mackintosch de métamorphoser la douleur générée par la perte de celui qui était probablement son plus grand fan en une source de plaisir pour tout amateur de death métal old-school. John Mackintosch, là-haut, est probablement fier de son rejeton.
Liste des morceaux (41’55) :
- All Will Suffer (4’10)
- Desecration (4’56)
- Ravenous Whore (3’02)
- Cathedrals Of Dread (3’52)
- As The World Collapses (3’14)
- A Thousand Martyrs (3’25)
- Seeds (4’46)
- Humanity Wept (2’18)
- My Black Siberia (3’50)
- The Divine Have Fled (3’42)
- The Grim Irony (4’40)
Le groupe :
- Gregor Mackintosch (Paradise Lost) : Chant et Guitare Lead
- Hamish Glencross (My Dying Bride) : Guitare Rythmique et Lead
- Mully : Guitare Rythmique
- Scoot (Doom, Extinction Of Mankind): Basse
- Adrian Erlandsson (At The Gates, Paradise Lost) : Batterie
Pays: GB
Century Media
Sortie: 2011/10/31
