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APPARAT – The Devil’s Walk

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Apparat est le pseudo public de Sascha Ring, une sommité de la techno minimaliste et de l’ambiant berlinoise. Actif depuis une quinzaine d’années dans le milieu, il a multiplié les collaborations (Modeselektor sous le nom Moderat, Ellen Allien), pris en charge la gestion du label électro Shitkatapult tout en officiant comme producteur et remixeur, essentiellement pour des artistes locaux. Parallèlement, il a trouvé le temps de publier trois disques en solitaire, distribués sans surprise par sa propre boîte. Pourtant, c’est sur la célèbre maison de disques anglaise Mute Records (Depeche Mode, Nick Cave & The Bad Seeds, Nitzer Ebb parmi des dizaines d’autres) que paraît « The Devil’s Walk », son nouvel album.

Un album avec lequel il poursuit sa mutation vers une musique moins orientée dancefloors. Ainsi, après « Sweet Unrest », la plage d’intro instrumentale, « Song Of Los » et « Black Water » ont tous les ingrédients d’une composition traditionnelle, avec une structure pop et surtout une voix étonnamment captivante. N’accusons toutefois pas le bonhomme de vendre son âme au diable dans le but d’investir les charts, les beats électro en toile de fond, aussi adoucis soient-ils, rappellent sans équivoque ses origines binaires. Dans un registre plus envoûtant, le très réussi « Goodbye » (avec la participation de Soap&Skin) donne libre court à une imagination visuelle sans limite. Son incursion en version instrumentale dans un épisode de la série télévisée Breaking Bad n’est donc qu’une demi-surprise.

Un peu plus loin, on se laisse surprendre par les cordes qui émaillent « The Soft Voices Die » alors qu’« Escape » oscille entre délicatesse et émotion. La voix de Sascha y occupe de nouveau une place importante, comme le démontre également « Ash Black Veil », que Thom Yorke n’aurait sans doute pas mieux interprété. Excepté un dispensable instrumental expérimental (« A Bang In The Void ») en fin de plaque, Apparat étale, avec « The Devil’s Walk », une sensibilité que l’on ne lui soupçonnait pas. Les fans purs et durs vont certainement lui reprocher cet écart. En revanche, ceux qui vont l’écouter avec objectivité et ouverture d’esprit risquent d’être agréablement surpris par une direction qui, contre toute attente, lui va comme un gant…

Pays: DE
Mute Records STUMM 334
Sortie: 2011/09/26

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