SAMURAI OF PROG (The) – Undercover
Samuraï of Prog est en fait un groupe formé principalement par trois musiciens ayant acquis une grande expérience. Ceux-ci ont participé à de nombreux projets dans le cadre de tribute-band. On y retrouve d’une part Marco Bernard bassiste italien, Steve Unruh multi-instrumentiste américain et d’autre part, Kimmo Pörsti batteur et percussionniste suédois. Viendront aussi les seconder de nombreux musiciens comme Richard Marichal, Davide Guidoni, Bolo Aiolfi et Raimundo Rodulfo. Enfin et pour la circonstance, des musiciens de renom seront venus épauler nos artistes pour nous offrir de très belles versions des titres repris sur cet album. Car bien sûr, il sera ici en partie question de reprises de standards de la culture progressive où l’on pourra apprécier comme invités d’honneur le jeu de David Myers (Musical Box), de Roine Stolt et de Jonas Reingold (Flower Kings) ou de Guy Le Blanc (Camel). L’opus se décomposera en deux parties, une première avec 9 reprises dont une composition originale de Kimmo Pörsti. En seconde partie, ce sera des bonus tracks avec des versions de chansons de groupes comme Resistor ou Roz Vitalis ainsi qu’une composition où l’on retrouvera le guitariste de The Watch, Guglielmo Mariotti. Finalement un super-groupe de musiciens chevronnés qui vont nous offrir une page d’histoire du rock-progressif.
C’est David Myers qui ouvre le bal avec une belle composition au piano qui permettra d’introduire la première reprise datant de 1974, « The Lamia » de Genesis. Celle-ci sera magnifiquement interprétée avec en invité d’honneur, Roine Stolt qui tiendra la guitare électrique. L’orchestration sera parfaite quant à la voix de Steve, elle se rapprochera de Carptree. C’est alors au tour de Yes avec « Starship Trooper » de 1971 d’être revisité avec à nouveau, une belle réalisation. S’ensuit une composition des Flower Kings « World Of Adventures » où Jonas Reingold fera son apparition. D’ailleurs, on reconnaîtra rapidement son doigté très personnel. Le saxophone nous apportera, quant à lui, une petite touche jazz-rock. L’ensemble de l’interprétation se rapprochera fortement de l’original avec des breaks et beaucoup de technique. Ce sera alors au tour de Marillion d’être relooké avec « Assasing » datant de 1984. Steve Unruh va à nouveau moduler sa voix pour se rapprocher de Fish. L’orchestration sera toujours d’un grand niveau. « Gravità 9.81 » nous viendra quant à elle de l’univers jazz-rock, composition de Beppe Crovella de 2000. Notons que les prémisses de cette plage nous viennent des profondeurs du rock-progressif italien. « Jerusalem », réalisé au départ en 1973 par ELP, nous vient quant à lui d’un grand classique de la musique anglaise. Passage suivant avec cette fois-ci Pink Floyd et le morceau « Dogs » de 1977 tiré de l’album « Animals ». Ici aussi, l’interprétation de ce classique sera à nouveau magnifique. D’ailleurs, Roine Stolt et Guy Le Blanc seront tous deux là pour porter mains fortes à l’élaboration de cette reprise. Kimmo Pörsti nous offrira alors une de ces propres compositions « The Promise » où de nombreux instruments classiques feront leur apparition. Une belle ballade progressive et instrumentale.
Après un petit bruitage futuriste, viennent ensuite quatre bonus tracks avec tout d’abord, « Stranger » composition du groupe Resistor où l’on partira plutôt sur un heavy-rock aux accents bluesy. « Blood Sacrifice » sera une composition interprétée par Alfio Costa et par Guglielmo Mariotti. Ici on pourra peut-être regretter un manque de justesse dans le chant mais bon. « Asylum » de Roz Vitalis pour continuer avec une belle composition néo-classique. L’opus se terminera par une chanson de Contrarian « Prisoner Of The World », un rock-progressif et psychédélique où les orgues donneront le ton. Voilà donc qui termine ce petit tour du monde progressif.
L’heure est donc au bilan avec un album de covers riche et diversifié. De nombreux horizons du créneau progressif sont mis à l’honneur avec, çà et là, des touches de jazz-rock, de heavy ou de psychédélisme. Le tout est magnifiquement joué avec un grand respect pour l’ambiance originale des compositions. Un peu à la manière d’un Transatlantic, les Samouraïs du Prog nous offrent ici un beau recueil et une belle leçon de technique et de mélodie. Notons enfin que le CD s’accompagne d’un important livret où sont présentés les musiciens, mais aussi un petit historique des compositions. Les amateurs de bon rock-progressif n’hésiteront pas je pense !
Pays: IT/US/FI
Musea FGBG 4884
Sortie: 2011/07/09
