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POLINSKI – Labyrinths

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Cela fait maintenant une dizaine d’années que les Anglais de 65daysofstatic arpentent les salles de concert du monde entier avec une régularité qui frise l’entendement (il fut un temps pas si lointain où ils donnaient environ un concert par trimestre en Belgique). Cela laisse évidemment pas mal de temps libre aux musiciens qui mettent ainsi à profit transferts entre villes, attentes parfois longues dans les aéroports ou autres pré-soundchecks pour vaquer à leurs occupations. C’est lors de ces moments perdus que Paul Wolinski, un des quatre membres du combo de Sheffield, a peu à peu développé un projet personnel qui allie une imagination sans limite aux performances d’un laptop. Le résultat se retrouve sur un premier album solo, « Labyrinths », qui paraît sous le pseudo Polinski.

Au fur et à mesure du temps, le style musical de son groupe d’origine a évolué d’un post rock froid aux guitares prépondérantes vers un univers teinté de synthés dont les beats électro sont progressivement devenus la norme. Il est donc assez logique que son projet fasse la part belle à une musique aux influences techno assez marquées, quelque part entre Aphex Twin, Vitalic et Enter Shikari, si ces derniers se contentaient de versions instrumentales. Car, mis à part une voix trafiquée ça et là, on ne rencontre bien évidemment pas de paroles sur cette plaque. Elles seraient de toute façon superflues tant la structure mise en place n’a qu’un objectif, celui de laisser l’auditeur s’emporter au même rythme que les composantes résolument dansantes des différentes plages (« 1985-Quest » en est un exemple parfait).

En fait, la force de Polinski est de réussir à conférer une chaleur à une musique qui se veut par définition mécanique (n’utilisons pas le terme binaire, trop réducteur dans le cas présent, même si le franchement techno « Still Looking » pourrait prétendre le contraire). Ainsi, autant « Stitches » que « Tangents » rappellent de loin les maxis inspirés du New Order de la grande époque, dont la production aurait été confiée aux Chemical Brothers. Mais il réussit également à transmettre une âme qui pourrait donner des idées à des réalisateurs de films ou de spots publicitaires en mal de bande originale (le mélodieux « AWALTZOFLIGHT » auquel il ne manque que les images, l’ambitieux et savamment construit « Kressyda » qui ferait le bonheur d’une boîte de visuel graphique). Contre toute attente, ce projet parallèle orienté dancefloor se révèle bien plus riche et captivant qu’il n’y paraît. Et si tout ceci servait de base au futur de 65daysofstatic ?

Pays: GB
Monotreme MONO 56
Sortie: 2011/10/31

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