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HILL, Rocky – Lone star legend

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Ils étaient deux frères : l’un est devenu une superstar, l’autre est resté dans l’ombre, malgré un talent hors du commun. Ces deux frères, ce sont Dusty et Rocky Hill. Dusty Hill est devenu le bassiste de ZZ Top pour une carrière émaillée de gloire et d’argent et son frère Rocky est mort en 2009 dans un quasi-anonymat.

Les frères Hill débutent au milieu des années 60 dans une formation devenue aujourd’hui mythique : American Blues. Les cheveux teints en bleu, ils écument les bars et les saloons de leur Texas natal, propageant un blues rock psychédélique que l’on peut goûter sur deux albums : « Is here » (1967) et « Do their thing » (1968). Le blues rock psychédélique est aussi une spécialité d’un autre combo appelé The Moving Sidewalks. Le guitariste Billy Gibbons propose au bassiste et au batteur d’American Blues, Dusty Hill et Frank Beard, de monter un groupe ensemble : ce sera ZZ Top, et le reste n’est que succès international. Rocky Hill reste sur le bord de la route et poursuit sa quête du blues en devenant bassiste de Lightnin’ Hopkins et en étudiant le blues à l’université.

Rocky Hill commet en fin de compte trois albums solos au cours de sa carrière : « Texas shuffle » (1982), « Rocky Hill » (1988) et « Midnight creepers » (1988). Mais ce que l’on sait moins, c’est que le bonhomme avait entrepris l’enregistrement d’un album en 1977, qui finira dans les oubliettes jusqu’à sa résurrection 35 ans plus tard. Le label Floating World est venu exhumer cette pépite qui nous fait nous demander comment le monde a pu tourner 35 ans sans elle.

Rocky Hill a assemblé pour ce faire une petite équipe autour de Lewis Stephens (claviers), Dave Stanley (basse), Dahrell Norris (batterie) et en guest Jimmy Belkin (violon) et Chastity Fox (percussion). Il investit les studios Autumn Sound de Garland au Texas pour imprimer sur cire huit morceaux d’un blues rock flamboyant qui ne vont malheureusement pas trouver preneur, l’intérêt manifesté par Capricorn et A&M n’ayant pas été exploité. Rocky Hill ne défend pas ce premier enfant et se tourne vers d’autres activités musicales.

On ne retrouve ce « Lone star legend » qu’en 2011 et après digitalisation de la master tape sur CD, le monde libre peut découvrir en toute sérénité un album qui aurait mérité vingt fois de venir croiser le fer avec les gros durs du blues rock et du rock sudiste de l’époque, Lynyrd Skynyrd, Johnny Winter et consorts. Sur ce disque, c’est tout le Sud des laissés pour compte, des petites frappes et des bluesmen légendaires qui surgit. Rocky Hill déploie un jeu de guitare qui vient défier les Eagles sur leur terrain (« Take a message to Garcia »), rend hommage aux grands du blues disparus en 1976 (Jimmy Reed, Freddie King, Howlin’ Wolf : « Bad year for the blues ») ou vient faire pétiller du solo flambeur sur du boogie fier-à-bras (« Hoodoo eyes »). Le blues de Rocky Hill porte un ceinturon truffé de munitions hard rock qui placent son premier album sur le piédestal également occupé par Lynyrd Skynyrd et les Outlaws (« Waitin’ around to die », qui pétrifie le nerf auditif avec un solo de guitare souverain).

On lève légèrement le pied avec « Tower song », une ballade aux accents claptoniens, mais on revient chez les vilains et les pas beaux avec « The Charleston knife », sombre histoire de gangsters, et « Sam Bass », évocation d’un autre célèbre bandit du Far West, servie sur lit de guitare intense.

Il n’y a donc rien à jeter sur cette excellente surprise que constitue « Lone star legend », qui ne lance qu’un unique et simple appel : redécouvrez Rocky Hill !

Pays: US
Floating World FLOATM6137
Sortie: 2012/02/27

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