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TOGNONI, Rob – Energy red

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« Energy red », un nom qui en dit long. Le dernier album de Rob Tognoni est en effet tout rouge : pochette rouge, intérieur rouge, colère rouge. On distingue même des traces de sang sur la guitare de la photo intérieure, avec des restes de doigts rabotés rageusement contre les cordes. Et en effet, l’écoute du nouvel album de l’Australien électrifié à la naissance est une petite bombe de rock classique bien nerveux et servi avec les piles de rechange.

Le dernier album de Rob Tognoni qui était passé dans les lignes de notre site était « Boogie like you never did », une compilation éditée par le label Blues Boulevard. Le nouvel album de Rob Tognoni sort chez Dixiefrog. Changement de distributeur européen, ce qui explique donc cette compilation Blues Boulevard destinée à capitaliser sur quelques ultimes ventes du fait du passage de Rob Tognoni sur un autre label. Et on peut dire que les débuts de Rob Tognoni chez Dixiefrog se font en fanfare.

« Energy red » contient tout ce qu’il faut de watts et d’ampères pour fournir de l’électricité à tout un quartier pendant six mois. Le bon Rob abandonne un peu le créneau typiquement blues rock pour s’enfoncer dans un sillon hard rock classique qui plaira à tous ceux qui aiment AC/DC, ZZ Top, Omar & The Howlers ou Lynyrd Skynyrd. La tradition blues est maintenue avec un « Someone to love me » feutré et chagrin. Mais Rob Tognoni passe le reste de son temps à nous montrer l’étendue de son terrain de chasse, multipliant les ambiances et offrant même des perspectives jusque-là insoupçonnées. Entre bon vieux gros binaire à l’australienne (« Take you home now », qui démarre l’album sur les chapeaux de roue, « Fire from hell ») ou ruades de guitare à la ZZ Top (« Boogie don’t need no rest »), Rob Tognoni plonge l’auditeur dans un premier bain rock ‘n’ roll pur jus avant de sortir les petits gadgets (tam-tam et scat hallucinant sur « Don’t love », profusion de wah-wah sur « Queensland heat ») et envoyer de l’émotion facile avec « Blue butterfly » et « Can’t you see ». Ici, on est d’une part dans le slow apte à domestiquer les blondes les plus revêches et d’autre part dans le hard sudiste seventies qui regarde bravement vers les immensités de l’Ouest.

Après un bon boogie à la Status Quo (« I remember when I was young ») et une séquence acoustique de deux morceaux (dont une reprise du « As tears go by » des Rolling Stones), Rob Tognoni aborde la fin d’album avec une dernière couche d’électricité, au cas où on serait venu à manquer (« So fuckin’ bored », dans une veine très Angel City, autre légende australienne, et « I wanna play an Iggy Pop record today », dont le titre parle de lui-même).

Il n’y a plus qu’à se précipiter sur cet excellent album, qui montre un Rob Tognoni rajeunissant à vu d’œil au fil de ses albums, tel un Benjamin Button lâché dans le grand cirque rock ‘n’ roll.

Pays: AU
Dixiefrog DFGCD 8723
Sortie: 2012/03/26

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