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PRESTIGE (The) – Black Mouths

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La scène postcore française va devoir compter avec un groupe qui risque fort de prendre la tête du mouvement : The Prestige. Cette formation parisienne composée d’Alex Diaz (chant et guitare), Raphaël Jassin (guitare), Thibaut Cavelier (batterie) et Julien Bouladoux (basse) sort en effet un premier album qui devrait faire date chez les amateurs de postcore.

Le groupe existe depuis 2008 et avait déjà balancé dans la fosse un premier EP du nom de « A series of catastrophes and consequences ». L’objet servait en fait de tour de chauffe mais révélait déjà la brutalité incandescente de The Prestige, volontaire deux fois plutôt qu’une pour aller ravager les tympans à coups de bastonnade sonore. Avec « Black mouths », on touche à l’objet de luxe. D’abord, la production est exemplaire. Elle est signée Guyom Pavesi (ayant également travaillé avec Headcharger, Anathema ou Die On Monday), avec un mixage effectué par le grand Magnus Lindberg (Cult Of Luna, aQME, Poison The Well, Refused). Ensuite, c’est bien sûr le talent des musiciens de The Prestige qui assènent sur nos têtes un post-hardcore hargneux qui ne se laisse à aucun moment attraper par des étiquettes. On peut aussi trouver ici des traces de punk hardcore traditionnel mais également une complexité toute mathcore qui ne manquera pas de rappeler le Dillinger Escape Plan, par exemple.

Après une salve de quatre titres ultra-violents en guise d’apéritif, The Prestige a l’idée géniale d’aérer son album avec « Pluie », un morceau lent et mélancolique qui permet à l’auditeur de souffler, de compter ses morts et ses blessés, de réaménager les tranchées et de réapprovisionner les guns en munitions car la suite promet d’être apocalyptique. Et ça ne rate pas avec un « The never ending end » qui redémarre la castagne sur les chapeaux de roue. À partir de ce moment, les choses deviennent beaucoup plus imprévisibles, avec des incursions expérimentales ou des changements de tempos qui rendent « Forward » et « Backward » tout à fait fascinants. The Prestige abat une carte de plus avec un « Thousand trees in my closet » à la lenteur imprégnée de blues, triste comme la pluie sur une usine sidérurgique en faillite. L’auditeur est terminé par « Hooks and lips », une ballade sombre débordante d’intensité et d’émotion, qui montre bien la large palette de musiciens qui ne se sont enfermés dans aucun style réducteur, laissant au contraire leurs influences contradictoires se marier en un ensemble percutant et original.

Après une telle baffe, on peut se rassurer : la France est en train de rejoindre la compétition internationale en matière de rock, tous genres confondus.

Pays: FR
Basement Apes Industries APES 033
Sortie: 2012/04/03

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