CD/DVDChroniques

LÜGER – Concrete light

Notre évaluation
L'évaluation des lecteurs
[Total: 0 Moyenne: 0]

Un groupe baptisé d’après le nom du fameux pistolet allemand de la Première Guerre mondiale promettait de venir d’outre-Rhin. Eh bien non, Lüger est un groupe espagnol fondé à Madrid par Raul Gomez (chant, thérémine, effets, percussions), Edu Garcia (chant et guitares), Daniel Fernandez (sitar, chant et basse) Mario Zamora (chant et claviers) et Fernando Rujas (chant et percussions, effets). Ces Madrilènes madrés présentent ici leur deuxième album, un « Concrete light » qui fait suite à un premier album éponyme sorti en 2010.

Cette deuxième œuvre est à la fois déroutante et prometteuse. Son éclectisme démontre l’impeccable capacité des musiciens à évoluer dans des styles différents sans aucune gêne et avec une parfaite maîtrise des choses. Le début du disque semblait pourtant assez inquiétant. L’auditeur prend peur à l’écoute d’un premier morceau entièrement basé sur deux notes de synthétiseurs environnées d’effets électroniques. Si tout l’album doit être une resucée de Klaus Schulze ou de Lou Reed période « Metal machine music », il va falloir envisager une évacuation sanitaire en bon ordre. Mais après six minutes de minimalisme obtus, les hommes de Lüger passent à un roboratif rock spatial hanté par des basses brontosauriennes (« Monkey’s everywhere »). On passe ainsi de Kraftwerk à Hawkwind avant de se retrouver dans une tempête sonore irrépressible avec « Dracula’s chauffeur wants more », le morceau-phare du disque. Déjà, le titre, à hurler de rire. Mais la musique vous aplatit les neurones au fer à repasser en acier trempé et la rythmique frénétique armée jusqu’aux dents d’électricité lourde vous écrase contre un mur de son infranchissable. On est alors ici plutôt dans un registre Black Mountain quand ceux-ci veulent bien mettre le paquet.

Cette course effrénée se calme un instant avec le robotique « Hot stuff », aux claviers semblant sortir d’un inédit de Jean-Michel Jarre. Viennent alors les « Shirokowsky pallasite I » et « Shirokowsky pallasite II », titres jumeaux mais très différents dans leur construction. Le premier est un instrumental typiquement progressif exhumé des couloirs du temps (les spécialistes estimeraient le cru à 1977 ou 1978) et le second repart dans des ruades heavy space rock constellées de piques postcore, comme un lien entre Ozric Tentacles et Neurosis, avec un chant descendu du ciel. L’auditeur est terminé à coups de sitar répétitif sur le dernier morceau « Zwischenspiel/Quiduid latet apparebit ». Une structure rythmique vient en renfort un peu plus loin, procurant à l’ensemble de forts relents psychédéliques.

On a eu droit à tout au cours de cette excursion menée de main de maître par Lüger : de l’étonnant, du lourd, du subversif, de l’aérien, tout ce que vous voulez. Ces types savent poser des ambiances, être abscons juste ce qu’il faut et relancer la machinerie à grandes giclées d’électronique massive. Régénérateur.

Pays: ES
Giradiscos Records
Sortie: 2012/05/07

Laisser un commentaire

This website uses cookies to analyze site traffic and improve your experience. By continuing to use this site, you consent to our use of cookies.