ALVIN – One day in the universe
Derrière ce simple prénom se dissimule Alvin Devolder, un musicien belge émigré à Londres. Ce sympathique garçon a dû être baptisé au fond d’un piano car il côtoie la musique depuis sa plus tendre enfance. Après des cours de solfège à cinq ans et la pratique du piano classique dès huit ans, Alvin affronte son premier public à l’âge de onze ans (il n’est pas précisé si c’est à l’occasion d’un repas de communion ou du concours Reine Elizabeth, cependant). Après ses années d’université, Alvin tourne en Belgique et joue avec des groupes, collabore avec quelques arrangeurs et même un réalisateur de films. Avant de se consacrer exclusivement à la musique, ce touche-à-tout a également expérimenté l’écriture, la comédie, le doublage, la danse, la radio, la peinture et même le journalisme. C’est finalement le piano qui devient sa raison de vivre et son moyen d’expression en 2007, année où il démarre sa carrière solo.
Après avoir été finaliste de plusieurs concours anglais pour songwriters en 2008 et 2010, Alvin Devolder accomplit un premier EP fin 2009, « Everything’s gonna get better ». Il réalise cette année son premier album, un « One day in the universe » riche de onze chansons principalement en anglais mais dont certaines sont en français. Alvin n’est pas seul sur ce coup puisqu’il est aidé par le multi-instrumentiste et arrangeur Marco Locurcio, qui s’occupe de la batterie, de la guitare, de la basse, des synthétiseurs et de la programmation, rien que ça. L’album est produit par les deux acolytes.
Alvin appelle sa musique du « piano-based filmic pop-rock » (c’est comme cela qu’il la décrit). C’est vrai que l’on imagine facilement ses chansons illustrer des films romantiques ou dramatiques, qui seraient toujours chargés en sentimentalité. La musique d’Alvin est en effet pleine de sensibilité, dominée par le piano et la voix claire du bonhomme, que l’on ne peut s’empêcher de rapprocher d’artistes comme Damien Rice, Rufus Wainwright, Randy Newman et surtout Keane et un peu James Blunt. La facture très classique de la musique d’Alvin appelle forcément certaines références passées, mais c’est lorsque l’on explore la racine de l’âme humaine et des sentiments que l’on retombe naturellement sur ce classicisme, éternel miroir de ce qui se passe dans nos têtes. Une musique dénudée sur le seul couple piano et chant revient forcément aux fondamentaux et donc au classicisme.
Donc, sans attendre de la nouveauté, on reste néanmoins très convaincu par les chansons de cet album, qui montrent toute la générosité et la ferveur d’Alvin. L’amour de la composition suinte de ses pores et des titres comme « Magnetic field », « Paper boat », « In the rain » ou « Turn the page » parviennent peu à peu à frapper droit au cœur au fil des écoutes de cet album qui ne paie pas de mine au départ mais dévoile en fin de compte des compositions très personnelles et sincères. Là-dessus, Alvin ajoute un chant au spectre vocal très vaste, à l’aise sur plus de trois octaves. C’est frais, c’est romantique, mélancolique, simple (en apparence) et offert sur un plateau du plus profond du cœur par son auteur, ça se sent. Cela vaut la peine, si l’on parvient à dénicher cet album autoproduit et loin des courants de distribution traditionnels.
Pays: BE
Alvin (autoproduction)
Sortie: 2012
