CD/DVDChroniques

GISLI – How About That?

Notre évaluation
L'évaluation des lecteurs
[Total: 0 Moyenne: 0]

Gisli est un jeune batteur Islandais talentueux de 26 ans devenu chanteur. Il vit en Norvège, le pays de Kings of Convenience, les Simon & Garfunkel scandinaves beaucoup trop ignorés chez nous. Gisli (ça veut dire otage en islandais) est influencé par Beck mais aussi par Pavement qui, décidément, revient dans le parcours dans le circuit underground. Un peu tard, sans doute.

Ce jeune homme, qui a connu semble-t-il pas mal de déboires, s’en sert pour se moquer de lui-même. Fasciné par le livre intitulé Sarah, écrit par J. T. LeRoy, il voit le beau côté en toute chose. Cette mentalité positive le pousse à écrire de petites merveilles d’humour qu’il transforme en chansons. Ses paroles sont directes et très accessibles.

Il s’est fait virer d’un groupe punk parce que les autres ne l’aimaient pas, dit-il. Peut-être était-il trop bon pour eux, tout simplement ? La jalousie, parfois … En même temps, il a reçu son C4 de sa petite amie, la chanteuse. Pas de bol. Mais il n’a pas perdu le nord : il a trouvé un job au studio où le groupe qui l’a viré, Pornshot, se produisait. Il s’est servi de cette « opportunité » pour utiliser le studio et sortir son premier album.

Dans « How About That? », un folk mid tempo très original qui combine humour et attaque rock style rentre dedans, il dit : « Beaucoup d’actionnaires sont fauchés/beaucoup de gens bien prennent de la coke ». De quoi se poser des questions, en effet.

Plus rock, « Straight To Hell » laisse davantage de place à la guitare électrique mais ce sont encore les paroles qui attirent. On y parle de drogue, d’alcool, de filles, le tout traité avec humour. Son comportement ne le mène nulle part, dit-il. S’il en est conscient, c’est déjà bien. Mais ce morceau est surtout un jugement sans appel du capitalisme. Dans « Go Get ‘em Tiger », il mêle le hip hop à un morceau folk répétitif qui n’a rien à voir avec ce style de musique. Détonant autant que le physique du mec dans le monde du rock.

Le folk mélodieux « Worries » recèle sa part de mystère mais apporte une note de pop rock classique. Sur « The Day It All Went Wrong », c’est du très bon pop rock que l’on entend. Il a pris un café qui l’a mis en colère, dit-il. Il est tombé amoureux mais maintenant il a le cœur brisé. Il y a des jours où il vaudrait mieux rester au lit.

Folk hip hop aussi pour « I Don’t Fight », dont le phrasé s’apparente au rap. Dans « TV = The Devil », il pourfend la téléréalité avec fougue et détermination, sur une musique musclée et saccadée qui rappelle Todd Rundgren, ni plus ni moins. Une attaque à la mitraillette au propre et au figuré.

Beaucoup plus doux, « End Of My Ropes » parle aussi de son refus de lui-même. Dans « Passing Out », il décrit ses occupations quand il rentre tard : regarder la télé, boire du whisky. J’aurais voulu être normal, dit-il. Un exemple d’humour parmi d’autres : « Je suis comme le diable sans l’enfer/Je suis un Bob Dylan qui n’a rien à dire/ Je suis une Diana sans les paparazzi », dit-il avec sa voix parlée dans « Can You Make Me Right? ».

« I’m Trying » est une ballade tout ce qu’il y a de classique. Très chouette. « Mind Games » est un folk très doux qui s’écoule sans encombre. « You & Me » est une chanson d’amour acoustique peu conventionnelle.

On n’ose parler de fraîcheur compte tenu des sujets traités. On y sent plus l’odeur du caniveau que celui de jardins bucoliques : il ne faut pas confondre verdeur avec verdure. On parlera plutôt d’une originalité à toute épreuve. Néanmoins, il sait être à la fois sérieux et moqueur. « Quelque chose manque dans ma tête et je ne sais pas si c’est un bien ou un mal », dit-il. Ne le laissons pas dans l’incertitude : aucun doute, c’est un bien.

Pays: IS
EMI 7243578882 2 6
Sortie: 2004/10/11

Laisser un commentaire

This website uses cookies to analyze site traffic and improve your experience. By continuing to use this site, you consent to our use of cookies.