SOUL DRIVER – Stand up and walk
Sylvain Taupe commence à jouer de la basse à l’âge de 12 ans. En 1998, il débarque à Paris et joue dans divers groupes, une vingtaine en tout, et dans des genres variés, allant du jazz au métal. C’est surtout avec le combo métal Polarys que Sylvain Taupe parvient à des résultats tangibles, puisque l’album « Va’adiah chronicles » sort en 2007.
Aujourd’hui, à 34 ans, Sylvain Taupe tente une nouvelle expérience avec le premier album de son nouveau groupe Soul Driver, où il officie sur tous les instruments. Cet album « Stand up and walk » associe tout d’abord des influences assez métalliques en provenance de Type O Negative, Paradise Lost, Danzig, Megadeth, mais qu’il intègre aussi à des choses un peu plus new wave (Midnight Oil, The Cure, And Also The Trees) ou rock classique (Eric Clapton). Du point de vue de l’univers véhiculé par Soul Driver, on trouvera essentiellement les thèmes de la religion ou le vécu personnel de Sylvain Taupe, sans parler de quelques thèmes un peu plus fantaisistes comme les chats (« Velvet cat ») ou un clin d’œil au film Army of darkness, troisième partie de la fameuse trilogie Evil dead de Sam Raimi, avec le grand Bruce Campbell dans le rôle principal.
Tout cela est ce que revendique Sylvain Taupe et son album, s’il n’est pas dépourvu d’aspects sympathiques (il est techniquement irréprochable), contient néanmoins quelques aspects irritants, comme une certaine emphase dans la production (le son énorme a tendance à tout engloutir sous lui et les instruments sont surproduits, comme on avait parfois tendance à le faire dans le heavy metal des années 80), ou un chant maniéré qui se tord volontiers et se perd en plaintes surfaites et peu naturelles. Du point de vue de l’originalité, Soul Driver a aussi tendance à fréquenter des sentiers mille fois ratissés et ses influences de départ ont en fait du mal à être transcendées dans un style personnel.
Soul Driver tombe dans le piège classique du premier album ou de l’album dans lequel on a mis beaucoup d’efforts (ce qui est le cas ici) : il y en a un peu trop et le diable qui est dans les détails a eu l’occasion de faire son œuvre. C’est dommage car il y a certainement un bon potentiel chez Sylvain Taupe qui est un bassiste pointu mais qui gagnerait à retrouver plus de spontanéité. Ceci dit, tout ce que je viens de dire est une question de goût personnel et les auditeurs qui apprécient le métal progressif doté d’un gros son et truffé d’arrangements trouveront sans doute ici de quoi les satisfaire. On laissera donc le bénéfice du doute à Soul Driver, dont le deuxième album déjà bien avancé devrait permettre de se faire une idée définitive lorsqu’il sortira. Soit ça passe, soit ça casse.
Pays: FR
Autoproduction
Sortie: 2012/06/11
