NAIVE – Illuminatis
Second exercice de style pour ce jeune groupe français de trip-hop métal, originaire de la région de Toulouse. Sachez d’ailleurs que leur premier album « The End » avait apporté un petit coup de fraîcheur et de renouveau avec un savant mélange de métal, de progressif et de musique électronique. Pour rappel, le mouvement trip-hop prit naissance en 1990 dans la région de Bristol et avait pour but de proposer une nouvelle approche où s’entremêlent divers genres comme le blues, le jazz, la musique électronique et bien sûr le rock, et ce, sur un rythme soutenu proche de l’électro et de la techno. Programme donc des plus intéressants et qui réveillera chez beaucoup d’entrevous, je l’espère, l’envie de découvrir cet album et d’ouvrir votre esprit !
Comme l’indique le Myspace du groupe, Naïve est la rencontre de trois âmes à la fois tourmentées mais aussi heureuses. Entre violence, contemplation et combat, Mox, Jouch et Rico nous délivrent ici une musique aux frontières du métal et de l’électro en passant par bien d’autres influences. D’emblée, « Transoceanic » nous plonge au départ de l’atmosphérique dans une longue plage de plus de neuf minutes où, déjà, les courants musicaux s’entrechoquent. Au départ, l’ambiance lente et lourde est proche des scènes post-punk et bat-cave. Les synthés et la guitare s’éveillent par la suite pour accélérer le rythme avant l’arrivée d’un premier break. Alors, guitare et batterie s’orientent vers le trash-métal. Par la suite, retour à l’atmosphérique et à un rock soutenu où l’espace sonore est parfaitement comblé. Second coup de tranchant trash, passage électronique puis l’on continue sur un ton à la fois rock et à la fois métal. Belle entrée en matière avant le démarrage sur les chapeaux de roues de « Belly », punk-rock mélancolique où la composition évoluera vers un death-métal. On maintient le cap du lourd avec breaks à foison avant de partir sur une seconde partie plus atmosphérique, plus travaillée. Le final nous ramenant vers du métal pur jus. « Focus » emprunte à nouveau une ambiance lente et nuageuse. On notera l’apparition d’un chant féminin ainsi qu’un beau travail à la guitare et aux claviers. Du haut de ses treize minutes, « Luna Militis » sera pour moi le morceau de l’album avec une composition pleine de punch où le tempo central sera des plus entraînants. Le travail à la guitare y sera époustouflant avec un savant mélange de rock et de métal. Le grunge, le punk et le rock’n’roll ne seront vraiment pas loin. Ambiance électro pour « Circles » qui nous offre ici un savant mélange de pop-rock, d’électro et de death-métal. « The Ropes » sera lui bourré de recherches sonores, musique atmosphérique et punk-rock y feront des merveilles. Nous conclurons ici avec la plage titulaire de plus de 10 minutes où le métal brûlant et la brutalité domineront.
Ce qui est sûr, c’est que Naïve pratique quelque chose sortant des sentiers battus. À la fois brutaux et mélancoliques, nos trois lascars perpétuent la tradition de certains courants musicaux apparus dans les eighties où la noirceur et le rock tranchant faisaient le bonheur d’un public acquis à la cause d’un Joy Division ou des Sisters Of Mercy. Plus près de nous, les suiveurs de Pain Of Salvation devraient eux aussi apprécier le bon travail de nos amis français. Il reste malgré tout quelques petites choses à améliorer ,mais il est certain que Naïve nous apportera un jour un opus qui marquera les esprits. Pour l’heure, l’achat de ce présent me semble une priorité !
Pays: FR
Autoproduction
Sortie: 2012/10/09
