RUNAWAY TOTEM – Pleroma
La formation italienne Runaway Totem a été fondée en 1988 par Cahal de Bêtêl et Renè Modena. Le groupe a vu défiler une pléthore de musiciens différents durant ces dix-sept ans de vie. Renè Modena quittera le groupe en 1999.
Pour « Pleroma », leur cinquième album, le groupe s’est réduit à un duo, composé de :
- Cahal de Bêtêl (Roberto Gottardi) : Vocaux, guitares, syntguitare, basse, synthétiseurs, sampler et sequencer
- Tipheret (Germano Morghen) : Batterie, percussions et claviers
Ce dernier avait rejoint l’ensemble pour l’album « Zed », en 1996.
Cet album est, semble-t-il, le troisième volet d’une trilogie commencée, en 1999, avec « Andromeda » et qui raconte le voyage de l’âme humaine après la mort, son combat avec les démons et le Jugement dernier. Tout cela explique parfaitement l’ambiance qui peut découler.
Leur musique est un Rock Progressif, sombre et grandiose, teinté de Gothique, avec certains côtés de Magma et de King Crimson.
Voici le détail des six titres, tous composés par R. Gottardi et G. Morghen, représentant 69 minutes :
- « La Porta del Duat » (18’35)
- « Il lago di Fuoco » (8’52)
- « Restau » (5’39)
- « Abisso delle acque » (8’05)
- « Sokari » (7’29)
- « I due orizzonti » (20’23)
Sur « Sokari », Susanna Villanova participe aux vocaux.
Cet album pourrait être divisé en trois parties :
- La première partie pourrait reprendre la longue pièce « La Porta del Duat ». Elle est marquée par des ambiances sombres et froides, un chant pompier et grandiloquent, des rythmes changeants et parfois dissonants. Je dois avouer que cela m’a paru plutôt rébarbatif et m’a difficilement donné envie de poursuivre.
- Heureusement, dans la deuxième partie, où je placerais les quatre pièces suivantes, cela s’éclaircit. « Il lago di Fuoco », « Restau », « Abisso delle acque » et « Sokari » suivent le même chemin mais avec une construction progressivement plus harmonieuse. La guitare prend alors plus d’importance même si parfois, elle s’avère un peu trop speedée et crispante. Par contre, à partir de « Restau », Tipheret devient vraiment éblouissant avec un jeu de batterie particulièrement tendu, varié et inspiré, tout en restant toujours bien dans des atmosphères grandioses.
- La dernière partie est la meilleure. Tout ce qui a pu me gêner précédemment prend ici une dimension nouvelle. Tout en conservant et en assimilant ce qui a précédé, le groupe y a mis de l’ordre. « I due orizzonti » en devient une petite merveille, particulièrement bien montée et aboutie : excellent chant, guitares plus sages, claviers plus subtils, belles mélodies, superbes percussions, enchaînements géniaux. Une vraie réussite (17/20).
En définitive, un album dont l’accès m’a paru passablement difficile mais qui évolue bien et se termine en apothéose. Cependant, les ambiances étant ce qu’elles sont, si vous êtes dépressif, ce n’est certainement pas l’album qu’il vous faut.
Pays: IT
Musea FGBG 4579.AR
Sortie: 2004/11
