CD/DVDChroniques

PLEASUREAGONY – Pleasureagony

Notre évaluation
L'évaluation des lecteurs
[Total: 0 Moyenne: 0]

C’est avec le son douillet et suave d’une sirène d’alarme que démarre l’album de Pleasureagony. Dès le départ, on se dit qu’il ne va pas être question ici de douces mélodies printanières faisant l’apologie des pinsons et des marguerites. Et effectivement, en fins psychologues, nous comprenons immédiatement que ce groupe allemand a laissé la finesse au placard des dames pour se livrer à un métal carré mais néanmoins non dépourvu d’une certaine mélodie.

Le groupe voit le jour en 2011 à Stuttgart, au moment où un chanteur du nom de Valentin Saitarly vient de mettre au point un paquet de chansons. L’homme cherche une équipe pour illustrer en musique son inspiration, tirée de groupes métal des années 1990 et 2000, comme Biohazard, Mudvayne, Pantera, Metallica ou Iced Earth. Après une certaine valse du personnel, Pleasureagony se stabilise autour de Valentin Saitarly (chant), Andy Bauer (guitare), Dennis Schäfer (basse) et Kai Ruthardt (batterie).

Après avoir tourné dans sa région d’origine et cherché le soutien des médias, Pleasureagony met au point son premier album éponyme. Ce disque est plutôt bien fourni puisqu’il contient treize titres pour une durée totale de 78 minutes. Les yeux du critique rock s’écarquillent devant une telle durée car il y a de fortes chances que l’ennui ou une perte du tonus initial ne viennent s’infiltrer dans cet exercice de très longue haleine. L’histoire du rock a démontré qu’une durée de 37 minutes était l’idéal pour faire un bon album. Un peu comme le sexe, en quelque sorte… Alors, quand on dépasse largement cette limite, on risque de sombrer dans le syndrome de l’invasion de la Russie : toujours les mêmes steppes pendant des centaines de kilomètres, avec la déprime qui finit par s’installer.

Autre élément angoissant pour le critique rock : l’inspection préliminaire de quelques sites web où des collègues allemands se sont essayés avant moi à la rédaction de chroniques sur cet album. De nombreux rapports massacraient sans vergogne cet album accusé de manquer d’imagination et de se perdre dans la dispersion. Ce premier album de Pleasureagony souffrait donc du syndrome classique de la première œuvre. Les musiciens qui sortent un premier album ont parfois tendance à y mettre tout ce qu’ils ont en eux et à bourrer le disque de toutes leurs influences au détriment de la cohésion.

C’est donc avec ces avertissements en tête que j’ai pénétré dans cet album et je dois admettre que tous ces risques se sont finalement réalisés. La musique de Pleasureagony est sympathique, très estampillée Nineties mais n’apporte rien de neuf. C’est un peu comme une pizza où il y aurait seulement la tomate, sans aucun autre ingrédient. Ça se mange mais on aurait bien aimé y trouver quelques olives, des aromates ou autres saucisses piquantes et du piment pour relever le tout. Tous les poncifs du métal classique sont alignés mais le groupe n’apporte pas de touche personnelle, le truc qui pourrait faire dire au bout de quelques secondes d’écoute qu’on a effectivement affaire à Pleasureagony. Ici, c’est du Pantallica, du Biogarden, du Rage Against Nickelback ou de l’Alice In Priest, on ne sait plus très bien à qui on a affaire.

Cet album serait excellent s’il était écouté par de tout jeunes mômes qui n’auraient jamais écouté un album de métal de leur vie. Leurs tympans virginaux pourraient être impressionnés car ce qu’il y a dedans est fait avec compétence et conscience du travail bien fait. Mais dès l’écoute des artistes originaux à la place de la copie, il n’y aurait plus moyen pour Pleasureagony de faire illusion. Comme il fallait s’y attendre, le groupe place ses morceaux les plus faibles à la fin du disque, ce qui rend le parcours encore plus fastidieux, façon fin de marathon sous la pluie battante. Et en plus, il y a le morceau caché à la fin, comme dans tous les albums des années 90. Comme si ça aussi, c’était original.

Nous conclurons néanmoins sur une note d’espoir en se disant que Pleasureagony a quand même un potentiel évolutif s’il daigne repenser son style en profondeur et se lâcher vraiment avec des idées plus personnelles et moins influencées par l’extérieur.

Pays: DE
Autoproduction
Sortie: 2017/03/10

Laisser un commentaire

This website uses cookies to analyze site traffic and improve your experience. By continuing to use this site, you consent to our use of cookies.