TOO TANGLED – Revel revel
Le duo gantois Too Tangled est décidément bien insaisissable. Comparé aux Kills sur son premier album « The magic got killed« (2010), puis au Black Rebel Motorcycle Club sur son deuxième disque « Where the echoes die« (2012), et enfin aux Raveonettes sur son troisième opus « Stay restless« (2014), le groupe se fend maintenant d’une nouvelle galette qui pourrait satisfaire la croisée des chemins entre The Jesus & Mary Chain, Depeche Mode ou Florence + The Machine. Autrement dit, Eva Buytaert et Roeland Vandemorteele ne tiennent pas en place et évitent soigneusement de s’enfoncer dans un style précis.
Pourtant, leur créneau de prédilection demeure l’électro indie, domaine où ils étonnent et subjuguent. Autre point constant, le choix du producteur qui reste Ian Davenport, qui avait déjà opéré sur les deux précédents albums. Et quand on sait qu’Ian Davenport est également responsable du son de groupes comme Band Of Skull, Radiohead, Supergrass, 22-20s, Elastica ou Lou Rawls, on devinera sans problème que le bonhomme sait domestiquer un son.
C’est d’ailleurs ce qu’on retrouve sur le quatrième rejeton de Too Tangled, un « Revel revel » doté d’une sonorité très ample et qui sait évoluer dans des atmosphères variées. Ce disque fonctionne en fait comme une sorte de piège sonore, qui va attirer les innocents stakhanovistes des dance-floors sur ses premiers morceaux (« Sleepwalk ») pour mieux les enfermer dans les lourdes angoisses qui vont régner sur la dernière partie de l’album. Tout commence effectivement dans une gentillesse dansante de bon aloi, où la candeur des rythmes reste cependant surveillée de près par des aspects sombres (« Mexican drugs »). Des réminiscences new wave viennent également égayer les propos, genre Depeche Mode ou Eurythmics (« Heartless digital bits », « Neon »). C’est en endormant son auditoire que Too Tangled parvient à mieux le cueillir à la fin du compte. Si « Airplane skies » et « Wave song » sont de belles invitations à la rêverie, les chansons suivantes se veulent plus lourdes, renouant avec l’atmosphère nerveuse des Kills (« Revel revel », et surtout l’hypertendu « Back (Wild) », très industriel).
Le dernier titre « Pain of too much fun » sert à rassurer ceux qui ont commencé à paniquer mais surtout, il termine un album à nouveau très mûr qui confirme l’inspiration inattaquable de Too Tangled, secret encore bien gardé de la scène électro belge. Le groupe sera en tournée allemande et britannique durant le printemps mais fera un passage au festival Zaradi Tebe de Gand le 24 juin prochain. Vous voilà avertis.
Pays: BE
Greenlfant Records
Sortie: 2017/03/17
