WIDOWS – Oh deer God
Après avoir commencé à fissurer le plateau continental avec leur premier album « Death valley duchess« , les stoneux sludgiens de Widows reviennent avec un deuxième album long format. Bien entendu, « Oh deer God » est du même acabit épais et lysergique que le premier. Il serait même possible d’y voir des fragrances davantage marquées par le sludge (et aussi un peu le hardcore) que le stoner désertique qui avait été mis en avant sur le premier album.
Les costauds de Nottingham semblent avoir pris de l’assurance depuis ce premier opus et leur emploi du temps a été quelque peu chargé au cours des mois ayant suivi la parution de « Death valley duchess ». Le combo toujours mené par le fringant guitariste James Kidd a pu se faire les crocs au cours de concerts menés en compagnie de brutes raffinées comme Orange Goblin ou Valient Thorr et a aussi écumé quelques festivals utiles pour la promotion de sa carrière : DesertFest 2012 (Londres), Waterfront Festival 2014 (Nottingham), Hockley Hustle 2014 (Nottingham), Riff Fest 2014 (Bolton), MacMillan Fest (2015) ou MammothFest 2015 (Brighton).
Forts de l’expérience acquise, les ursidés de Widows reviennent plus regonflés que jamais à la testostérone de taureau et infligent à l’Occident chrétien une nouvelle galette surchargé à l’uranium 235, faisant fuser les isotopes radioactifs tous azimuts. « Oh deer God » est ce qu’on pourrait appeler un disque efficace, à défaut d’être subtil ou original. Les tympans sont fondus au chalumeau atomique dès les premiers instants de « Oh deer God », morceau introductif qui donne aussi son nom à l’album. Widows rappelle à son auditoire qu’il a écouté de fond en comble les disques de Clutch ou de Down. Les sonorités du groupe anglais auraient pu effectivement provenir du fin fond des marécages louisianais. Pour trouver aussi une référence à des compatriotes du groupe, on pourrait citer Black Spiders comme autre influence.
Et l’aplatissage des neurones continue de plus belle avec des sonates au cupronickel, du genre « Caffeine and hatred », « Heresy and venom », « Ride to the realms of coitus » ou « Baron greenback blues ». La finesse littéraire des titres des chansons ne saurait faire oublier que Widows n’est pas là pour faire dans la poésie néoromantique. Les énormes riffs alternant rythmes rapides et lents et soutenant un chant de forgeron enroué ne semblent ralentir l’assaut que pour le dernier titre « Germanium buzz » mais tout ceci n’est qu’un leurre. Il ne faut pas deux minutes pour que les gens de Widows craquent à nouveau et transforment nos tympans en copaux à coups de guitares thermoboostées.
Nous avons en somme ici un excellent album de détente, idéal pour se défouler après une chasse au tyrannosaure, et si possible avec un pack de Westmalle Triple sous la main.
Pays: GB
UMC Recordings
Sortie: 2017/04/14
