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AN EROTIC END OF TIMES – Chapter one

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Voici un nom de groupe assez étrange mais qui, après écoute de l’album « Chapter one » correspond parfaitement à l’esprit musical dispensé par les deux musiciens d’An Erotic End Of Times. Le duo en question est composé de Philippe Deschemin et Erwan Frugier. Le premier d’entre eux n’est pas un inconnu puisqu’il a aussi officié dans Porn, un groupe français de rock indus et gothique auteur de deux albums en 2005 et 2011.

La patte indus et gothique sera donc logiquement la caractéristique principale de ce premier album d’An Erotic End Of Times, qui se veut être une collection d’extraits de vies assez sombres, illustrant le thème de la fin. Fin des temps, fin de l’amour, fin de vie : tous ces aspects tristes sont inspectés également sous l’angle de l’érotisme qui est – tous ceux qui ont lu Freud le savent – une petite mort. On aura donc compris que ça ne rigole pas vraiment dans « Chapter one » et ceci est confirmé par les textes très sombres des chansons, écrit par un Philippe Deschemin qui est loin d’être un inculte. Egalement écrivain (porté sur la science-fiction), journaliste, il donne des conférences de philosophie politique à l’université populaire du pays viennois. N’espérons donc pas de Philippe Deschemin des chansons sur les motos, la bière et les blondes pulpeuses, ce n’est pas le genre de la maison.

On pourrait même dire que Philippe Deschemin a pris le temps de créer cet album puisque l’écriture et la mise au point du disque a pris deux bonnes années et s’est déroulée entre la France, l’Autriche et le Maroc. Musicalement, on voit ici converger des influences héritées de Tiamat, Killing Joke, Type O Negative, Fields Of The Nephilim, Katatonia, Paradise Lost ou Nine Inch Nails. Cette longue liste montre que la musique d’An Erotic End Of Times est très ouverte dans le domaine du gothique et de l’indus.

On a donc des ambiances lentes et pesantes, cerclées de lourdes guitares et la très bonne construction de l’album nous plonge progressivement dans les concepts illustrés musicalement par cet album. La pesanteur et la tristesse de « I am become death » qui hante les premiers moments de l’album sont subitement bouleversées par les rythmes rapides et massifs de « Love is the end ». Autres grands moments, « No rights » (illustré par un clip vidéo assez original que je vous recommande), et « Freaky world » entretiennent des climats angoissants. Même si ces ambiances ont tendance à se maintenir dans la même veine sur la seconde partie du disque, cet album n’en garde pas moins une grande cohérence et sait séduire par sa force et sa gravité. Sombre mais pas dépressif, « Chapter one » est donc à écouter, en attendant un « Chapter two » qui devient une perspective intéressante, vu la qualité de ce premier effort.

Pays: FR
Les Disques Rubicon
Sortie: 2017/06/02

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