VALLENFYRE – Fear those who fear him
Bonne nouvelle pour les distributeurs de prothèses auditives et les vendeurs d’antidépresseurs : Vallenfyre revient avec un troisième album et il est plus énervé que jamais. Pour ceux qui connaissent le cas Vallenfyre déjà autopsié sur les chroniques de ses précédents albums « A fragile king« (2011) et « Splinters« (2014), nous n’allons pas revenir sur les détails de la création de ce groupe par le patron des célèbres métallurgistes gothiques de Paradise Lost, Greg Mackintosh.
Ce dernier avait créé Vallenfyre pour évacuer la pression psychologique engendrée par la mort de son père. Ce qu’on pensait être un projet passager destiné à durer le temps d’un deuil est en fait devenu un passe-temps qui a pris de plus en plus d’importance dans le plan de carrière de Mackintosh et, à l’écoute de ces trois albums et des deux EPs « Desecration » (2011) et « The last of our kind » (2015), on ne peut que se réjouir de voir un groupe remettre au goût du jour les éléments essentiels qui ont fondé la vieille école du death metal, du grindcore et du doom metal.
Ça avait flingué brutal sur les deux premiers albums mais avec « Fear those who fear him », on sort carrément les canons de marine et les obus de 800 mm pour un résultat qui va transformer les tympans en champs de ruines carbonisées. Greg Mackintosh a repris les armes avec son complice Hamish Glencross (guitare et basse), qui émarge également chez My Dying Bride. Il y a par contre un peu de changement à la batterie avec l’arrivée de Waltteri Väyrynen, promu au grade de membre permanent après avoir été accompagnateur en concert. Ce tout jeune batteur de 22 ans vient du groupe doom finlandais The Ghost I’ve Become et redonne un coup de jeunesse à de vénérables combos des années 90, comme Abhorrence ou Paradise Lost qui vient de le recruter à la place d’Adrian Erlandsson, par ailleurs précédent batteur de Vallenfyre.
Côté production, c’est Kurt Ballou (Converge) qui est remis en lice pour donner au groupe un son abrasif bien comme il faut. Et tout cela fonctionne à merveille quand on entend la terrifiante avalanche de sons impitoyables qui nous ravage le cortex cérébro-spinal pendant une quarantaine de minutes. Dès les premiers titres, les références à Celtic Frost, Napalm Death ou Dark Angel sont assumées sans honte et vous explosent à la gueule. Un assaut continu de titres ultra-brutaux récure les cervelles à coups de limaille de fer et la rythmique enterre tout sous une nappe bouillonnante de basse ronflante et de batterie épaisse. Que l’on soit dans l’agressif supersonique (« Messiah », « Degeneration », « Hihilist », « Dead world breathes » et ses 42 secondes de grindcore pur jus), la rythmique implacable (« Among the filth », « Kill all your masters ») ou la lenteur gluante (« An apathetic grave », « The merciless tide »), les morceaux de cet album exhalent toute la force et l’inspiration du doom et du death old school des années 80 et 90 (Entombed, Grave, Autopsy…). Greg Mackintosh, habituellement guitariste chez Paradise Lost, se révèle un chanteur formidable dans le genre death, avec ses rugissements d’ours blessé et ses gargouillis de sorcier possédé.
Voilà un album qui rassemble les vieux secrets de fabrication du métal extrême classique qui ont fait les grandes heures du genre et les renvoie à la bataille, histoire de démontrer aux jeunes pécores maniérés du métal contemporain post-machin et post-truc que ce sont toujours dans les vieilles fonderies que l’on coule le meilleur acier. Un seul mot de conclusion sur cette affaire : Oouaaarrggh!
Pays: GB
Century Media
Sortie: 2017/06/02
