FOZZY – Judas
Le culturiste chanteur Chris Jericho fait son retour avec son groupe Fozzy, qui signe avec ce « Judas » son septième album. Après « Fozzy » (2000), « Happenstance » (2002), « All that remains« (2005), « Chasing the grail » (2010), « Sin and bones« (2012) et « Do you wanna start a war« (2014), ce nouvel opus vient poursuivre les pérégrinations de Chris Jericho et de son équipe (Rich Ward à la guitare et au chant, Frank Fonstere à la batterie, Billy Grey à la guitare et le nouvellement arrivé Paul DiLeo à la basse) dans un hard rock FM simple et détendu, sans prise de tête mais truffé de bonne humeur.
Le spleen baudelairien ou le drame cornélien ne sont pas vraiment la marque de fabrique de la maison Fozzy, qui a toujours privilégié le rock bien musclé et décomplexé, idéal pour le public américain avide de sensations faciles et qui ne consomment pas trop de neurones. Avec « Judas », on ne risque pas d’être déçu dans le genre. Johnny Andrews, qui avait déjà enfanté le précédent album, retourne derrière la console et participe activement à l’écriture des chansons puisqu’il cosigne l’intégrale des onze titres avec Rich Ward, avec de temps en temps un petit apport de Jericho sur trois titres.
Côté musique, c’est une revue de détail du plus pétillant du hard FM classique que nous sert ici Fozzy. Quelques aspects modernistes (« Judas », « Running with the bulls ») font surface, mais l’essentiel nous rappelle les orientations des Nineties, genre Alice Cooper période « Thrash » (« Weight of my world ») ou le Ozzy Osbourne de « No rest for the wicked » (« Elevator »), avec de temps en temps des attaques de guitare un peu plus puissantes, genre Nine Inch Nails ou Marilyn Manson (« Three days in jail », « Capsized »). Le dernier titre « Wolves at bay » tente une sortie encore plus agressive, avec toujours ces refrains hymniques que n’importe quel footballeur bourré à la bière peut retenir.
Sans prétentions, produit efficacement, involontairement intellectuel (y a-t-il un lien entre « Judas » et « Drinkin’ with Jesus », le titre qui suit juste après?) et idéal pour faire la fête en headbanguant bêtement tout en beuglant des onomatopées à une voyelle, ce nouvel album de Fozzy respecte la tradition de ce groupe, qui ne marquera pas forcément les consciences dans les deux ou trois siècles à venir mais qui sait y faire pour nous détendre dans l’immédiateté du moment.
Pays: US
Century Media
Sortie: 2017/10/13
