OPERATION: MINDCRIME – The new reality
Les amateurs de Queensrÿche ont encore en tête les pénibles circonstances ayant mené à l’éviction du chanteur Geoff Tate du groupe qu’il avait contribué à former en 1981. En 2012, Tate avait été prié de prendre ses cliques et ses claques et d’aller voir ailleurs. Seulement, il avait conservé le nom de Queensrÿche pour sortir son nouvel album « Frequency unknown » en 2013, au moment même où les membres restants de Queensrÿche sortaient également un album éponyme sous ce même nom. Des Queensrÿche partout dans les bacs à disques, avec des gens différents, on se serait crus revenus à l’époque du partage de l’empire de Charlemagne…
Quelques coups de marteau judiciaire ont résonné dans les tribunaux et l’affaire a finalement tourné au profit des anciens Queensrÿche, autorisés à conserver leur nom. Groff Tate en était réduit à trouver un nouveau blaze pour son projet musical et c’est tout naturellement qu’il a opté pour Operation: Mindcrime, tiré du plus fameux album de Queensrÿche, sorti en 1988. Là, aucun juge n’est venu le troubler dans ce choix.
Toujours fidèle à sa vision artistique, Geoff Tate a repris brillamment une nouvelle carrière en s’attachant à cultiver la technique de l’album concept, à épisodes qui plus est, avec une trilogie débutée en 2015 et qui se termine avec ce nouvel album. Après « The key » (2015) et « Resurrection » (2016), voici donc « The new reality » qui conclue cette histoire basée sur une intrigue complexe, mettant en lice des personnages dans toutes sortes de pays, autour d’une histoire alambiquée de finance internationale, banques en ligne, monnaie virtuelle et spéculation boursière. Encore une fois, c’est une histoire pas piquée des hannetons, comme celle que l’on trouvait dans l’album « Operation: Mindcrime ». Geoff Tate aime bien ces histoires politico-complotistes à tiroir. Espérons qu’il ne met pas les pieds dans des secrets d’état ou dans des machinations mondialistes en révélant malgré lui des choses inavouables. Ce serait dommage de retrouver le bon Geoff au fond d’une rivière avec les pieds dans un bloc de ciment, ou malencontreusement écrasé par une enclume tombée par accident du huitième étage, alors qu’un paisible résident arrosait placidement ses pots d’enclumes sur son balcon.
Toujours accompagné de ses comparses Kelly Gray (guitare, ex-Queensrÿche), Randy Gane (claviers, également ex-Queensrÿche), Simon Wright (batterie, ex-AC/DC, ex-Dio) et Brian Tichy (batterie, ex-Dead Daisies, ex-Billy Idol, ex-Whitesnake), Geoff Tate conclue son histoire avec cet album à l’atmosphère progressive. Les mid-tempos sont nombreux et influencent une atmosphère pesante, tandis que les claviers apportent une touche plus aérienne. Geoff Tate garde un registre vocal assez sobre et ne file plus dans les aigus comme il le faisait à ses débuts. Personnellement, je n’ai rien contre car je dois avouer que la voix de Geoff Tate m’a toujours un peu irrité quand elle partait vers les ultra-sons. On soulignera aussi la richesse des compositions en termes de constructions complexes et de mouvement. Nous sommes tout de suite dans le bain avec des titres comme « A head long jump », « Wake me up » ou « It was always you ». Au cours du déroulement de cette histoire, on ne ressent cependant pas trop une montée en puissance qui aurait pu dramatiser davantage le rythme du récit.
Je ne vais pas vous raconter comment ça se termine mais il s’avère que musicalement, cet album « The new reality » est une belle pièce de métal progressif mélodique et solidement composé. Geoff Tate va-t-il à nouveau se lancer dans des histoires à rallonge lors de ses prochains albums ? On ne sait pas encore mais en attendant, on peut profiter de cette trilogie musicale qui nous changera des feuilletons télé.
Pays: US
Frontiers Music
Sortie: 2017/12/01
