ERADICATOR – Into Oblivion
Il est étonnant que Gene Simmons n’ait pas flairé cette bonne affaire ! Quand on pense qu’il lui aurait suffi de déposer officiellement le suffixe ‘ator’ pour se faire des gonades en métal doré sur le dos d’une bonne partie de la scène Thrash Metal, il y a presque de quoi être désolé pour le vieil homme maquillé ! Imaginez tout ce qu’auraient pu lui rapporter des droits sur les noms de Kreator, Annihilator, Re-animator, Profanator, Decimator, Dececrator, Exhumator, Distillator, etc. (NDR : la liste est trop longue pour tous les citer, mais l’Encyclopaedia Metallum en recense au moins 322). Par fierté nationale, nous citerons quand même encore les poètes anversois de Mästürbätör avant de nommer le ‘ator’ qui nous intéresse aujourd’hui : Eradicator.
Eradicator est un quatuor Thrash Metal allemand formé en 2004 à Lennestadt (NDR : à une centaine de kilomètres de Cologne). En quatorze années d’existence, le groupe a publié quatre albums. « Into Oblivion », le dernier en date, est sorti le 9 mars dernier sur le jeune label Green Zone Music.
Contrairement à leurs compatriotes de Godslave, dont l’album « Reborn Again« est sorti le même jour sur le même label, les quatre ‘éradicateurs’ n’ont pas fait de la ‘positive attitude’ un cheval de bataille et leurs textes, très orientés ‘fin du monde et autres réjouissances funestes’, ne nous promettent pas un avenir des plus roses.
Au niveau de l’apprentissage musical, Eradicator a, semble-t-il, suivi le même cursus que son ‘frère de label’ ; à savoir, celui de la vieille école du Thrash Metal, option Bay Area et l’on imagine que les plaques d’Anthrax, Death Angel, Testament et Annihilator ont eu une influence non-négligeable dans son processus d’écriture et de composition. Si Godslave cherche à personnaliser son album en y apportant différents éléments extérieurs (NDR : banjo, chant féminin, etc.), Eradicator préfère se distinguer en proposant des riffs et des mélodies un peu plus sophistiquées et en travaillant la qualité de ses soli de guitare. Le chant, délicieusement criard de Seba Stöber, nous fait parfois (mais pas toujours) penser à John Connelly de Nuclear Assault. Seule petite ombre au tableau, la production réalisée par Martin Buchwalter qui, bien que puissante et limpide, semble mettre un peu trop en avant la batterie de Jan-Peter Stöber (NDR : il faut dire qu’outre son boulot de producteur, l’ami Buchwalter est aussi le cogneur du groupe Power Thrash Perzonal War).
« Into Oblivion » signifie ‘Dans l’Oubli’. Fort heureusement, tant qu’il y aura des groupes aussi talentueux qu’Eradicator et Godslave pour plaider sa cause, nous ne sommes pas prêts d’y voir tomber le Thrash Metal !
L’album (44’14) :
- Moshproofed (3’23)
- Doomsday (4’46)
- Wake Up To War (4’10)
- Overcome The Blackness (4’50)
- Read Between The Lies (4’15)
- Into Oblivion (5’03)
- Decadence Remains (4’20)
- Paint The White Flag Black (3’49)
- Drown The Truth (5’10)
- Weaponized (4’23)
Le groupe :
- Sebastian ‘Seba’ Stöber : Guitare et chant
- Robert ‘Robb’ Wied : Guitare
- Sebastian Zoppe : Basse
- Jan-Peter ‘Pitti’ Stöber : Batterie
Pays: DE
Greenzone Music GZM-007 (Promotion Gordeon Music)
Sortie: 2018/03/09
