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MOEBIUS – Hybris

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Un groupe de métal qui remonte aux origines naturelles du genre et écrit un album sur les métaux et autres minéraux, il fallait y penser. Les Italiens de Moebius l’ont fait, avec leur premier album « Hybris », qui a mis un certain temps à traverser les Alpes et remonter la vallée du Rhin puisqu’il n’arrive chez nous que maintenant après avoir été édité en octobre 2017. Déjà, le nom du groupe est lourd de significations puisqu’il renvoie à Moebius, célèbre dessinateur de bande dessinée de science-fiction, créateur du magazine Métal Hurlant (en anglais, Heavy Metal, tiens, tiens…) et qui tirait lui-même son nom de celui du mathématicien allemand August-Ferdinand Möbius, concepteur du fameux ruban qui porte son nom. Enfin, il ne faut pas confondre ce Moebius avec un autre groupe métal italien du nom de Circle Of Moebius, auteur d’un EP en 2012.

Matteo Guida (chant), Gabriele Sanna (guitare), Nicola Lampis (basse) et Valentino Sanna (batterie et percussions) vont se livrer à un petit cours de minéralogie avec des titres comme « Obsidian », « Iron », « Lead », « Mercury », « Limestone », « Coal », « Uranium » et « Diamond ». Si ces évocations de l’obsidienne, du fer, du plomb, du calcaire et autre uranium ou diamant entrent résolument dans un concept minéralier, les paroles des chansons n’ont pas grand-chose à voir avec la caillasse ou la ferraille, le groupe se laissant volontiers aller à des textes pessimistes sur la condition désespérée de l’homme ou à des choses plus ésotériques impliquant des dieux antiques. On sent que ça cogite dur sous les crânes chez Moebius, dont le métal tourmenté révèle des choses bien intéressantes.

Entre postcore et métal progressif, Moebius marche sur les sentiers tortueux empruntés auparavant pas Isis, Neurosis, Mastodon, Meshuggah ou Ufomammut. Structures complexes, versatiles, ambiances lourdes et étouffantes, chant rugueux et harmonies vocales carrées constituent le menu de cet album poignant et angoissé. Nous n’avons pas ici affaire à un modèle d’originalité mais il faut constater que Moebius maîtrise parfaitement bien les instruments d’un métal oscillant entre math rock, métal progressif, djent et névrose sidérurgique. Dans cet ensemble, les onze minutes de « Diamond » constituent le morceau le plus abouti et le plus complexe.

Il y a encore de nombreux cailloux sur terre et Moebius aura, on l’espère, la possibilité de nous raconter d’autres histoires sur le cobalt, les roches basaltiques, le cuivre ou la fabrication de l’acier hypoeutectoïde au cours d’autres albums. Car tout ceci est quand même bien sympathique.

Pays: IT
Autoproduction
Sortie: 2017/10/20

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