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TANTRA – Tantra

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[Total: 1 Moyenne: 4]

Composé de Peter J. Daems (guitare, mandoline et « petites voix »), Thim Vandecauter (didgeridoo, conga, bodhran et shaker), Sébastien Willemyns (violon) et Sam Van Ingelgem (contrebasse), Tantra est un groupe belge formé en 2000 qui fait aussi appel à Jo Zanders (pandeiro et cajon sur 1, 5, 8), Matthieu Chemin (human beatbox sur 7), Gwen Francotte (batterie sur 4, 6, 8), Tom Dewulf (batterie sur 10, 11) Maarten De Splenter (saxophone sur 14) et Dries Decocker (chant et « petites voix » sur 11, 14).

La musique presque exclusivement instrumentale de Tantra puise son inspiration dans la musique folklorique celtique mais elle a aussi des tendances world assez prononcées. Les instruments exotiques comme le bodhran (sorte de tambour irlandais constitué d’un cercle de bois traversé de deux barres formant un croisillon et monté d’une peau de chèvre clouée sur le côté ; elle produit des sonorités très particulières à l’aide d’un stick ou de la main), le didgeridoo (sorte de flûte dont l’intérieur est recouvert de plusieurs couches de cire ; cet instrument est joué par les aborigènes) ou le pandeiro (grand tambourin venant du Brésil) donnent à cet album une touche originale.

« Rain, Dear » est une magnifique ballade celtique qui permet d’admirer la dextérité des instrumentistes malgré la difficulté qu’il y a à jouer de certains instruments, qui demandent un long apprentissage et une longue pratique avant d’obtenir des résultats satisfaisants. « Karina » est une autre ballade très douce et un peu nostalgique basée principalement sur la guitare acoustique.

Tantra a tiré « Op Schattenjacht » du folklore flamand, un peu comme le fait Laïs, un autre groupe excellent, sur le plan vocal, par exemple. De nouveau, c’est une occasion de jouer d’instruments exotiques peu usités mais qui méritent le détour par leurs sonorités très spéciales. On mentionnera aussi l’apport de la mandoline, un bien bel instrument, mais aussi celui de la contrebasse, trop rarement utilisée pour des raisons évidentes.

« Jane In The Jungle » est plus enjoué, dynamique et festif. On est en plein folklore irlandais et c’est très beau. La dextérité des musiciens est étonnante et on imagine le nombre d’heures de travail consacrées à une passion dévorante mais peu rémunératrice. La production de cet album par le groupe lui-même en dit long sur sa motivation. Magnifique titre !

C’est un mets extrême-oriental disponible au MacLam du coin qu’évoque « Bami Pangang », autre morceau de bravoure très bien joué sur un rythme endiablé. Cette époque a besoin de beauté pour survivre et elle le fait savoir.

Sur un rythme très dynamique imprimé par les percussions, « 7de Hemel » revient au folklore flamand avec le violon bien mis en évidence, accompagné par la mandoline. L’utilisation du bodhran achève de donner à ce morceau un caractère exotique qui relève autant de la world music que du folklore. Brillant !

Sur « Human Didgbox », c’est la human beatbox de Mathieu Chemin qui joue les vedettes, donnant ainsi à cet album un panel assez large des possibilités de renouveler la musique folklorique, tandis que « Simosa » exhibe une musique celtique qui fait appel à des instruments comme le violon mais aussi au didgeridoo et, plus étonnant, au pandeiro et au cajon.

« Kalindor » fait aussi appel au folklore, avec de magnifiques passages au violon, mais il s’agit ici aussi d’un mélange des genres qui comporte des sonorités world, même si le folklore d’origine celtique est bien présent. Par contre, « Tees » commence par des « petites voix » et se poursuit par une musique plus rock. Ici aussi, le violon est remarquablement joué.

Composé par Wim Baeck et Peter J. Daems, arrangé par Tantra, comme tous les autres titres, le long et agréable « Lorrmi/Knoert » est plus déroutant mais ne manque pas d’élégance, avec de magnifiques passages au violon. De nouveau, le didgeridoo donne une couleur locale à un titre qui n’y est pas en principe destiné et c’est ce qui constitue son originalité.

Ce sont les percussions qui ouvrent « Zand & Shelptjes » tout en douceur, avant de laisser place aux instruments acoustiques comme la guitare, la mandoline, le violon et surtout la contrebasse qui donnent un sentiment de bien-être par leur côté intimiste. La musique s’accélère ensuite progressivement pour devenir beaucoup plus conviviale et festive. Il est difficile d’y résister. Du grand art, tout simplement !

Wim Baeck prête son concours au long et agréable « 7de Hemel (Neven Remix) », mise au goût du jour qui allie la musique à base folklorique avec des effets électroniques modernes. C’est une réussite totale, même si elle suscitera sans doute une levée de boucliers chez les puristes. C’est en tout cas un procédé original utilisé pour sortir ce genre de musique de l’oubli et ça mérite des encouragements. Sur base de cet album, chacun peut en tout cas se faire une opinion.

Enfin, « 1, 2, 3 (Bran Ruz Remix) » achève de nous séduire sur une base semblable mais avec une musique très différente chantée par Dries Decocker, qui s’occupe également du mixage. Le saxophone, très bien joué par Maarten De Splenter, ajoute une petite note jazzy qui achève de prouver la variété des sujets d’inspiration.

Cet album laisse entrevoir de très belles perspectives pour ce groupe excellent. La production artisanale est remarquable et fait honneur à cette belle musique, fruit d’un travail obstiné et d’une grande passion.

Rappel des titres :

  1. « Rain, Dear »
  2. « Karina »
  3. « Op Schattenjacht »
  4. « Jane In The Jungle »
  5. « Bami Pangang »
  6. « 7de Hemel »
  7. « Human Didgbox »
  8. « Simosa »
  9. « Kalindor »
  10. « Tees »
  11. « Lorrmi/Knoert »
  12. « Zand & Shelptjes »
  13. « 7de Hemel (Neven Remix) »
  14. « 1, 2, 3 (Bran Ruz Remix) »

Pays: BE
Autoproduction T001
Sortie: 2005/04/16

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