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GOROD – Aethra

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En Aquitaine, on ne fait pas que goûter aux charmes enivrants du Bordeaux ou se taper un bon cassoulet après s’être rentré dedans lors d’un match de rugby. Il existe dans l’underground aquitain toute une scène métal extrême bien active qui peut revendiquer Gorod comme un de ses représentants les plus sérieux et les plus endurants.

Formé en 2005 par la simple transformation du nom de leur groupe précédent (Gorgasm), les Bordelais de Gorod avaient déjà deux démos et un premier album “Neurotripsicks » (2004) à leur actif. Puis Gorgasm devient Gorod et l’album “Neuroptripsicks » est tout simplement édité à nouveau sous le nom de Gorod en 2005. Suivent “Leading vision » (2006) et “Process of a new decline » (2009) qui œuvrent pour la cause d’un death metal technique de haut vol. En 2010, cependant, Gorod subit un schisme avec le départ du guitariste Arnaud Pontaco et du chanteur Guillaume Martinot. Deux ans auparavant, la batteuse Sandrine Bourguignon avait été remplacée par le grand Samuel Santiago, que l’on retrouve dans de très nombreux groupes death hexagonaux (Arkhon Infaustus, Agressor ou Loudblast, pour ne citer que les plus célèbres). Benoît Claus (basse) et Mathieu Pascal (guitare), les deux derniers membres originaux de Gorod, recrutent alors Nicolas Alberny (ex-Antropofago, ex-Arcania) à la guitare et Julien Deyres (ex-Zubrowska, ex-Eradykate) au chant. Karol Diers remplace Samuel Santiago à partir de 2014 et le line-up de Gorod est depuis lors stabilisé.

Le groupe sort encore deux EP (“Transcendance », 2011 et “Kiss the freak » 2017) et deux albums (“A perfect absolution », 2012 et “A maze of recycled creeds » 2015) avant de commettre ce nouvel album “Aethra » sur le label Overpowered Records, maison encore assez jeune dans le métier. Ce label a eu la bonne idée de recourir aux services d’Hard Life Promotion, agence néerlandaise qui opère dans le Benelux et qui a relayé ce nouveau disque de Gorod auprès des forces médiatiques de la région.

C’est ainsi que nous découvrons avec une heureuse surprise ce groupe Gorod, dont le nouvel album est un bel exemple de death metal technique à la fois savamment travaillé au niveau instrumental (“And the Moon turned black », “Inexorable », “A light unseen ») et puissamment évocateur dans son message philosophique. Gorod écrit ici une série de textes basés sur des déités de différentes spiritualités. Le groupe évoque ainsi des dieux nordiques (“Wolfsmond ») polynésiens (“Hina »), grecs (“Aethra », hindous (“Chandra and the maiden »), aztèques (“Goddess for dirt ») ou égyptiens (“Bekhten’s curse »), en faisant aussi un clin d’œil au Zohar et à la kabbale juive (“And the Moon turned black »). Donc, pour le même prix, on a l’occasion de se martyriser les cervicales en headbanguant à la vitesse du son et également de se cultiver, ce qui est une excellente opération.

Blague à part, on ne peut que recommander cet excellent album à tous les amateurs de death qui n’auraient pas encore fait connaissance avec Gorod, un groupe à découvrir avec le plus grand intérêt.

Pays: FR
Overpowered Records
Sortie: 2018/10/19

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