GERRARD, Lisa – Best of
Théâtre de verdure, Nice, 1987. Au faîte de sa gloire, groupe fleuron du label indépendant 4AD, les Dead Can Dance se produisent sous ce grand chapiteau vert, à quelque dizaines de mètres de la Baie des Anges et du strass la Promenade des Anglais.
La venue d’un groupe un tant soit peu connu est à Nice un évènement, surtout à cette époque. « The Serpent’s Egg » vient de sortir, une de mes premières acquisitions en CD, un disque résolument crépusculaire, mais où l’on entend les prémisses de l’orientation world du groupe. Lors de ce concert, on fit connaissance aussi avec le côté prise au sérieux de l’autoritaire leader Brendan Perry, quittant la salle sous les sifflets d’un public qui aura refusé de se plier à ses injonctions de silence absolu. De fait, les détracteurs de Dead Can Dance leur reprochent cette religiosité forcée qui drape chacune de leurs représentations.
Vingt ans après, le groupe a suivi la mode des reformations avec un passage remarquable au Palais des Beaux Arts de Bruxelles début 2005, avec un public plus sage et un Brendan Perry moins imbu de lui-même. Quant à Lisa Gerrard, elle s’est faite un nom à travers le cinéma en signant de sa voix intemporelle la bande originale de plusieurs films plus ou moins commerciaux (« Gladiator », « Ali », « The Insider », « Whale Rider ») en accompagnement de scènes particulièrement émotionnelles.
Cette compilation se divise équitablement entre ses chansons pour films, ses œuvres avec Dead Can Dance et ses efforts en solo, notamment le magnifique « Swans » figurant sur son premier album « The Mirror Pool ». Le layout de la pochette est particulièrement soigné, avec des pages transparentes en papier calque et des citations absconses (« A surrender to impermanence », « Conciseness of the absolute now »).
En quoi l’œuvre de Lisa Gerrard diffère-t-elle de celle de Dead Can Dance ?
Alors que les derniers albums de Dead Can Dance (« Into the Labyrinth », « Spiritchaser ») tiraient vers la world, ceux de Lisa Gerrard insistent dans la veine de l’introspection musicale souvent glacée frôlant l’autisme, ravissant ses fans purs et durs présents à ses concerts comme des paroissiens, mais laissant perplexe ceux des adeptes de la première heure un peu déçus qui souhaiteraient voire la diva de leur jeunesse d’antan emprunter des chemins musicaux plus inattendus. La réponse se trouve peut être dans son dernier opus « Silver Tree » sorti fin 2006. Finalement, s’il ne fallait retenir qu’un morceau de cette compilation, ce serait incontestablement « Persephone » qui donne un aperçu des prouesses vocales de Lisa Gerrard, figurant sur « Within the Realm of a Dying Sun » sorti en 1987.
Pays: GB
4AD CAD2701CD
Sortie: 2007/02/12
