VARIOUS ARTISTS – Progressive Rock Covers
Le problème de ces compilations de reprises est d’entrevoir leur réelle utilité. Est-ce bien intéressant alors que les originaux seront toujours irremplaçables et sont, contrairement à des oeuvres classiques, disponibles sur le marché sous la forme de CD. Mais bien sûr il y a parfois des reprises qui apportent quelque chose. C’est le cas quand les artistes s’approprient l’oeuvre.
Ce n’est pourtant pas le but recherché ici. « Immigrant Song » de Led Zeppelin est par exemple joué très fidèlement à l’original par Blue Shift, mais était-ce bien du progressif ? On peut se poser la question. Par contre « Kashmir » est aussi présent et là on peut le qualifier comme tel. Les belges de Now s’y débrouillent pas mal, mais sans plus. Cela manque de profondeur et même de vie tout court. Seul le solo de guitare central sort son épingle du jeu.
Le « Toccata » de ELP repris par les japonais de Gerard ne nous abreuve pas de neuf mais le groupe y apporte une touche de dynamisme frais. « Time » de Pink Floyd, ici repris par les américains de Pangea, démarre tel un Depeche Mode avant de se plonger dans l’original. Pour « Birds Medley », ce sont une fois encore des japonais, en l’occurrence les japonaises de Ars Nova, qui s’affichent montrant une bonne dose de dynamisme qui fait honneur aux hollandais de Ekseption.
Les italiens de London Underground, tout en conservant l’âme originale, nous offrent une cover du titre « Travelling Lady » du Manfred Mann Chapter Three tout à fait intéressante car sentant le neuf et de plus très dynamique. Les français de Halloween se tiennent pas mal du tout pour le difficile « House With No Door » du Van der Graaf Generator. Dificil Equilibrio nous offre une belle reprise du déjanté « Dynamite » de Gong et en bonus, il y a « Exiles » de King Crimson interprété par Thierry Crusem & L’Autre Système spécialement pour cette compilation, un inédit donc.
Côté déception, on épinglera « Darkness 11/11 » du Van der Graaf Generator que Twenty-Four Hours nous jouent dans une ambiance d’époque assez éculée de par son son et son mixage. Aucun doute, mieux vaut se tourner vers l’original. Quant à « Child In Time » de Deep Purple, repris ici par Quidam du temps de leur chanteuse, il est intéressant, pour ne pas dire interpellant, surtout pour son changement de timbre vocal et le côté progressif ajouté par le groupe sur un titre qui fait partie du patrimoine du hard rock. Pourtant c’est peut-être la reprise la plus personnelle de cette rondelle, mais l’interprétation (enregistrement live, il faut le dire) est en-dessous des attentes. Enfin, le « Strange Days » des Doors (pas très progressif non plus celui-là…) est un peu martyrisé par Visible Wind.
En résumé cette compilation dite progressive déborde quelque peu de son objectif initial mais offre de belles reprises. Pourtant rien n’est vraiment ni transcendant ni indispensable. Un CD pour collectionneur avant tout, les autres se tourneront vers les originaux.
Pays: FR
Musea Records FGBG 4696.AR
Sortie: 2006/12
