D PROJECT (The) – the Sagarmatha Dilemma
Stéphane Desbiens et son D Project reviennent avec un second opus. Contrairement au premier « Shimmering Lights« sorti en 2006, ce nouvel album affiche une meilleure homogénéité. L’accent est également plus mis sur les ambiances que sur la technique. A ce propos, les passages jazz-rock sont bien moins présents.
Le chant de Desbiens trouve mieux sa place sur ces nouveaux morceaux. L’approche floydienne du guitariste est indéniable. Ses envolées sont de petites merveilles qui n’ont rien à envier à un Gilmour. S’il est toujours accompagné du bassiste Mathieu Gosselin, cette fois la batterie est tenue par Jean Gosselin. On trouve aussi au violoncelle Francis Delisle, aux violons Sandra Poulin et aux backing vocals Alissar et Francis Foy. L’équipe est donc quasi inchangée.
Comme sur l’album précédent, il y a quelques invités de marque. Cette fois il s’agit de Stu Nicholson de Galahad qui assure le chant sur le morceau titulaire, Brett Kull de Echolyn pour un solo, Derek Sherinian (ex-Dream Theater) et John Green (Singularity).
L’exceptionnel « Closer to My Soul / Closer to Heaven » ouvre l’album avec des tons très floydiens. On se laisse alors embarquer par l’ambiance. A un moment guitare et violoncelle feront quelques échanges de toute beauté. Sur le morceau titulaire, Stu Nicholson brille. Le superbe grain de sa voix donne une nouvelle couleur vocale à l’album. La basse dynamise l’ensemble soutenue efficacement par la batterie. Ce titre plus énergique est un des grands moments de cet opus. Desbiens reprend le chant à son compte avec « The Red Mountain ». Les couleurs sont plus tournées vers un Floyd version Roger Waters. L’ambiance plus tendue et mélancolique y contribue. Mais d’autres espaces se glissent parmi cette longue pièce. La guitare acoustique y trouve sa place tout comme le violon et Desbien nous offre un long et sublime solo à la sensibilité à fleur de peau.
Après ces trois pièces exceptionnelles, les quatre titres suivants sont plus courts, plus directs aussi. L’influence de Genesis baigne « Thin Air », principalement à cause des synthés. L’ambiance acoustique de « Even if I Was Wrong » soutient une chanson principalement vocale, les arrangements étant réduits à bien peu de choses dans sa première moitié. Puis cela s’étoffe et la guitare s’aiguise. C’est sur « Radio Sherpa » qu’on trouve Derek Sherinian. Evidemment cela s’entend. Comme c’est un instrumental, c’est aussi l’occasion pour les musiciens de se mettre en valeur. Le bassiste y fait quelques lignes qui ont tout de la dynamite. « I’m Coming Down (I Shall Go Back) » termine l’opus en force. C’est le seul titre co-écrit par Desbiens et Mathieu Gosselin. Au sein de cette puissante finale, il y a aussi un passage d’une douceur confondante comprenant quelques tons jazz-rock.
En résumé, ce nouvel album de The D Project est plus cohérent et plus consistant que le précédent. Le chant de Desbiens s’est bonifié et son jeu est plus au service de l’ensemble. Bref, il vous est vivement conseillé.
Pays: CA
Ozéta Production OP004
Sortie: 2008/06
