ENEMY (The) – Music For The People
En 2007, The Enemy sortait un remarquable premier album qui fleurait bon le punk rock revival des mods version The Jam fin des 70’s (« We’ll Live And Die In These Towns« ). Au moment de sortir leur deuxième essai, Tom Clarke (chant et guitare), Liam Watts (batterie) et Andy Hopkins (basse) sont bien évidemment attendus au tournant, car ils doivent confirmer tout l’espoir que l’on a placé en eux. Et ce, malgré les parties de cache-cache avec le public belge vu qu’ils ont quand même annulé deux dates au Botanique en l’espace de quelques mois…
Ce nouvel album s’appelle « Music For The People » et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il débute d’une manière assez curieuse avec « Elephant Song », au point que j’ai dû vérifier si je ne m’étais pas trompé de CD. Une minute trente de bruits légèrement énervants avant d’entendre une première guitare et un son crasseux digne de Deep Purple au début des années 70. A 2’40, la voix nasillarde de Tom Clarke arrive et on est encore plus surpris. Terminé le timbre de Paul Weller mais admettons tout de même qu’elle ne dépareille pas trop dans cet amas de sons vintage et bruts.
Cela ne s’arrange pas avec « No Time For Tears », le faible premier single. Mais où sont donc passés cette légèreté, cette fraîcheur et ce sens inné des mélodies? « 51st State » ne fait que confirmer que c’est vers le hard rock aux riffs poussiéreux qu’ils ont été chercher leurs influences cette fois-ci, avec une pointe de glam rock (on pense par moments à Slade ou à T-Rex). C’est d’autant plus bizarre que le CV du producteur (Mike Crossey) liste des groupes comme Blood Red Shoes, Arctic Monkeys ou Radiohead.
On commence à voir une éclaircie avec « Sing When You’re In Love », un titre qu’ils jouent en live depuis un bon moment, mais il est un peu gnan gnan quand même. On est quasi à la moitié de l’album quand arrive la première vraie composition digne de ce nom, « Last Goodbye », même si ce morceau calme doit beaucoup à Oasis. A partir de ce moment, on se réconcilie avec eux, surtout que « Nation Of Checkout Girls » et son rythme saccadé ferait un bon single, au même titre que « Be Somebody », qui est le seul lien que l’on pourrait tisser avec le premier album. L’intro de « Don’t Break The Red Tape » aurait pu être piquée à Black Sabbath tandis que les couplets font invariablement penser au « London Calling » des Clash.
« Keep Losing » est une composition douce et intéressante, qui prend de la hauteur grâce à l’incorporation de cordes. Le groupe retombe toutefois dans ses travers avec le titre de clôture, « Silver Spoon », avant de proposer un morceau caché largement inspiré par le « Let It Be » des Beatles.
Malheureusement, ce deuxième album s’apparente à une petite déception. Malgré une seconde partie bien plus inspirée, il ne s’agit pas de la bombe que l’on était en droit d’attendre. Espérons qu’en live, ils rattrapent la chose. Pour autant qu’ils daignent passer par la Belgique…
Pays: GB
Warner Music UK Ltd 825646907335
Sortie: 2009/04/27
