HOURGLASS – Oblivious To The Obvious
Le groupe américain Hourglass a sorti son premier album « The Journey Into » en 2002. Ensuite, il y a eu « Subconscious » en 2004 et maintenant ce double album ambitieux « Oblivious To The Obvious ». C’est le guitariste Brick Williams qui assure la production. Et quelle production ! C’est superbement réalisé. Quand on pense qu’il s’agit d’un album autoproduit, on mesure l’ampleur de l’excellent travail. En effet, le groupe n’a pas de label et vend ses albums via son site internet grâce au système PayPal.
Chez Hourglass, on note une sérieuse influence de Dream Theater. Mais il ne s’agit pas d’un groupe copiant le style, car ils ont le leur et il est même difficile de trouver des points de comparaison tant le groupe a sa propre empreinte. Tout au plus, en dehors de la puissance métal du théâtre de rêve, on ressent au fil des titres une ambiance floydienne, voire un léger Marillion par les claviers. Tout au long de l’album, on découvre des musiciens maîtrisant parfaitement leur instrument, en ce compris le chanteur. Mais il en est un qui impressionne énormément, c’est le bassiste Eric Blood. Vraiment très impressionnant !
Deux disques avec cinq titres sur chaque rondelle pour pas moins de deux heures et vingt minutes de bonheur musical. C’est dire s’ils aiment développer les ambiances. Le morceau titulaire s’étend même sur une demi-heure avec cinq actes différents. Le concept est basé sur un homme qui, à un moment de sa vie, se remet en question. Son enfance fut difficile, il fut pris entre un père violent et une mère possessive. Dans sa vie, il reproduit le même schéma et arrive à un tournant. Il en a marre d’être sous le contrôle de sa femme. Il veut être lui-même. Aussi il décide de tout bousculer, de partir et espère que ses enfants comprendront. Mais la maladie le rattrape et le temps lui est donc compté. Le reste vous le découvrirez grâce aux paroles qui sont incluses dans le livret.
Dans cet album, qui s’écoute d’une traite d’un bout à l’autre, tout est bon à prendre. Les riffs puissants et la rythmique dévastatrice de « On The Brick », dont le chant passe du mélodieux aux hurlements métal, nous captivera. La mélancolie de « Homeward Bound », avec ses arrangements plus dépouillés, correspond bien au moment où il décide de partir. La douceur acoustique de « Pawn II » avec sa guitare hispanisante au début, et sa montée en puissance passant par le heavy metal, le swing, une batterie percussive, affiche son ras-le-bol d’être sous contrôle. La basse explose de mille feux. Vous serez pris par les tripes ! Il se sent seul dans la foule pendant « Faces », une ballade piano/voix dont la 2e partie s’imprègne du Floyd avec une guitare très Gilmourienne. Quelle finale aussi ! Grandiose ! Frissons garantis ! Notre homme remet aussi sa vie et sa carrière en question. Il part à la recherche de ses rêves au « 38th Floor ». L’ambiance fouillée comprend une dose de DT dans les veines, mais est aussi mélancolique et mélodieuse.
Le second CD démarre avec « Facades ». Ce sont les reproches. L’ambiance est poignante. Il fouille sa mémoire avec « Skeletons ». Les tons deviennent plus durs, le heavy metal s’installe. La solitude de « Estranged » laisse transpirer la mélancolie, l’instant est acoustique avec un duo guitare/voix. L’instrumental « Delirium » est explosif. C’est le délire total. Tous les musiciens s’expriment, une bonne façon d’apprécier leur grande qualité. La pièce maîtresse « Oblivious To The Obvious » fait le bilan. On passe par tous les tons, du Classique de « No Chance », en passant par le sombre et émouvant « Realization », jusqu’au riffs puissants de « In My Hands » et la « Redemption » finale.
Pour résumer tout cela, cet opus de Hourglass est un des indispensables de cette année 2009. Peut-être ne se révélera-t-il pas du premier coup à vos oreilles. Persistez et vous verrez qu’il gagne des points à chaque écoute. Finalement, il ne quittera plus votre platine. Si vous êtes fans de métal progressif et de rock progressif, vous ne pouvez passer à côté de cette perle rare. C’est d’autant plus important pour eux qu’ils font tout eux-mêmes, sans label, et avec une grande maîtrise.
Pays: US
autoproduction
Sortie: 2009/02/19
