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NOUVELLES LECTURES COSMOPOLITES (Les) – Friesengeist Part 1

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Line-up du Friesengeist Orchestra : Julien Ash, claviers, flûte, voix, samples, Pierre-Yves Lebeau, guitares basse, acoustique et électrique, et Liesbeth Houdijk, voix, traductions en néerlandais. Ces trois personnes sont aussi membres de A Sparrow Grass Hunt, dont nous avons fait la chronique de l’album « Le journal du dormeur ».

Ils sont aidés par Agent MS, voix, violon, Isabelle Monaco, mots parlés en anglais, Aloïs ASD001, voix, Cyril Herry (également sur A Sparrow Grass Hunt), enregistrement des sons et processing, Frédéric Truong, voix, mélodica, Laurent Esmez, percussions, Angustère, synthés analogiques, et Mathias ASD002, la voix du loup.

Premier volet d’une oeuvre ambitieuse, « Friesengeist Part 1 – Juste au-dessus de la terre humide » est une oeuvre classique non dénuée de charme par son aspect mélodieux et sa coloration onirique. On y entend alternativement une voix parlée qui raconte l’histoire sur fond de musique parsemée de bruitages divers. Pour ouvrir les hostilités, « Ballade d’Ambroise Le Malchanceux – Instrumental » est un morceau très doux et intimiste qui sert d’introduction à l’histoire.

Sur « Out Of Mind », on reconnaît la voix presque irréelle de la hollandaise Liesbeth Houdijk, qui surgit au milieu des choeurs. Sa voix parfois à peine perceptible semble avoir été façonnée pour ce long titre à caractère répétitif. Elle est un des points forts de cet orchestre.

« Des pierres sous la lune » est tout aussi mystérieux et fait apparaître les limites vocales masculines qui surgissent à contretemps sans apporter un plus. Mais ce n’est qu’un court morceau de transition.

« Sismes – Premier chant silencieux » est parfois à peine perceptible. On entend vaguement une guimbarde parmi les divers bruitages. Les voix chuchotées apportent leur lot de mystère et de tension. Celle-ci est renforcée par les sons répétitifs très particuliers qui vont et viennent au milieu des bruitages savamment répandus par Julien Ash, bien aidé par Cyril Herry.

Plus majestueux, « Der Geist Des Waldes » comporte aussi son lot de mystère. La voix mal assurée, comme celle d’un enfant, crée l’atmosphère irréelle, renforcée par la voix parlée en allemand et les choeurs. Les synthés entourent le tout d’un halo de mystère mais encore une fois la voix masculine coupe les effets les plus judicieux.

Le très court mais très bon « Décomposition poétique » débute comme un morceau classique et le piano est utilisé à bon escient. « Première clé – L’immeuble désaffecté » enchaîne avec le « process three », nous dit une voix en anglais, qui introduit la suite.

« Dance Of The Frozen Spirit » est plus rythmé mais on y retrouve les thèmes musicaux du début. La voix gutturale de Liesbeth Houdijk accentue les effets mais les claviers joués en catimini contrebalancent le rythme lancinant des percussions. Les voix des « sirènes » induisent un côté mystérieux peu rassurant.

« Les Egoûts – Deuxième chant silencieux » est une longue pièce lancinante et fascinante bourrée de réminiscences oniriques. Cela ressemble aussi à S.O.T.E., également hollandais. Les claviers génèrent le mystère par leur jeu traînant et léché qui nous emmène vers des sentiers lointains où règne le chaos.

Une voix parlée masculine ponctue l’histoire de « Ici, nul ne s’affronte ». « Je suis l’esprit de la forêt, violent et désabusé, dangereusement bienveillant » est le thème principal de ce morceau.

« Ballade d’Ambroise Le Malchanceux » est un morceau d’une très grande beauté qui reprend et explicite le thème du morceau précédent mais il est desservi par une voix masculine mièvre et une autre voix que l’on dirait enfantine.

« A Place For Me » est un titre plus rythmé qui comporte des passages très réussis au piano, qui introduit la voix féminine parlée en anglais. Ici, la voix masculine, parlée elle aussi, mais en allemand, soutient la comparaison sans déforcer l’orchestre.

Egalement rythmé, « Forbidden Spaces » comporte aussi sa part de mystère. La musique lancinante l’entoure d’une nappe de brouillard tout au long du morceau. Les voix à peine perceptibles ajoutent encore un zeste de crainte larvée.

C’est en français cette fois que la voix masculine s’exprime sur « Deuxième clé – Une gravure fantastique », sur un texte de Charles Baudelaire. La musique descriptive génère des images qui traversent l’esprit sans crier gare. C’est une autre voix masculine traînante qui introduit « Troisième clé – De l’intérêt d’être un hydre », où l’on voit réapparaître Liesbeth Houdijk, dont la voix, toujours aussi faible, dialogue d’une certaine façon avec la voix masculine pour faire avancer l’histoire et la mener à son terme.

Cette œuvre qui évoque à la fois les bruits de l’activité industrielle et la rêverie sera poursuivie dans le futur par quatre autres pièces qui viendront la compléter. Il s’agit donc ici d’une première partie dont on ne connaît ni les tenants ni les aboutissants. A suivre, donc.

Pays: FR
Musea Records GA 8677.AR
Sortie: 2004/10

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