SOM NOSSO DE CADIA DIA – A Procura da Essência, Ao Vivo 1975-1976
Avis contrasté sur ce double album de plus de 140 minutes de musique, reprenant des prestations enregistrées lors de concerts donnés par ce groupe brésilien de la fin 1975 au début 1976.
Ce groupe avait, semble-t-il, rencontré une certaine popularité dans son pays lors de ses quatre années d’existence marquées par l’enregistrement d’au moins deux albums, dont le premier, intitulé « Snegs », était paru en 1974. La vie de ce groupe, qui fonctionna même en trio, fut assez chaotique.
Pour le dire d’emblée, les compositions sont souvent excellentes, riches et variées, progressives et complexes, avec de beaux climats aériens ; les musiciens sont indiscutablement performants ; mais, sur certains morceaux ou même sur certaines parties de morceaux, le son va parfois du mauvais, plus rarement mais quand même, au franchement médiocre et, dans mon cas, cela gâche un peu cette impression très favorable.
Par exemple, « Rara Confluencia » débute par de splendides improvisations aux claviers sur un tempo très rapide soutenu par une rythmique brillante puis, progressivement, la qualité du son s’effondre. Dommage ! Il faut noter que les bandes d’origine appartiennent au guitariste Egidio Conde.
Si ce groupe est brésilien, on ne peut pas dire que le style musical corresponde à ce qu’on appelle communément la Musique Brésilienne. C’est parfois un Rock teinté Progressif, bien inspiré, plus personnel, que je ne parviens pas à bien comparer, et parfois un Jazz/Rock Latino comme le faisait le Santana Band avec des albums tel que « Caravanserai », « Welcome », « Borboletta », « Moonflower » ou le Weather Report d’avant l’arrivée de Jaco Pastorius. L’album « Live », qu’avait sorti Carlos Santana avec Buddy Miles en 1972, en est proche également par la proximité d’avec le chant de Buddy Miles.
Tout cela amène de belles ambiances aériennes données surtout par ses deux claviéristes, par le bon rythme haletant imprimé par les deux percussionnistes et le bassiste, par la guitare très inspirée du jeu de Carlos Santana et par les chants en Portugais. On retrouve aussi quelques petites colorations Blues, mais plus rares.
Pour ces concerts, le groupe se composait de :
- Egidio Conde : Guitars
- Dino Vicente : Keyboards
- Tuca Camargo : Keyboards
- Pedrao Baldanza : Bass & Vocals
- Pedrinho Batera : Drums & Vocals
- Rangel : Percussion
La liste des titres, avec également leurs durées :
CD 1 : « O Baruho Aterroriza »
- « Introduçao » / « Sinal da Paranoia » (Baldanza/Cimara) (10’50)
- « Fragmentaçoes » (Vicente) (12’04)
- « Neblina » (Conde) (15’14)
- « Tema da Batera » (Baldanza/Batera) (3’34)
- « Rara Confluencia » (Camargo/Fuguete) (11’09)
- « Bote Salva Vidas » (Baldanza/Fuguete) (13’22)
- « Tinta Preta Fosca » (« Bem no Fim ») (Frankye) (8’09)
- « Blues da Gaita » (Som Nosso) (3’11)
- « Improviso » (Som Nosso) (1’38)
CD 2 : « Guidado Com O Verdi »
- « Bote Salva Vidas » (Baldanza/Fuguete) (12’10)
- « Sonhas Paulhino » (Egidio Conde) (9’04)
- « Tinta Preta Fosca » (« Bem no Fim ») (Frankye) (6’01)
- « Agua Limpa » (Baldanza/Fuguete) (7’34)
- « Fragmento Instrumental » (Som Nosso) (2’15)
- « Tema da Batera » (Baldanza/Batera) (5’35)
- « Blues do Verdi » (Batera/Som Nosso) / « Voando a 10.000 por Hora » (Baldanza/Frankye) (17’20)
- « Rajada Runaway » (Baldanza/Fuguete) (10’50)
- « Sinal da Paranoia » (Baldanza/Cimara) (8’45)
On remarquera que la même plage est parfois reprise dans deux versions différentes ce qui est parfois intéressant.
Dans l’ordre, voici les titres les plus marquants :
Les deux versions de « Tinta Preta Fosca » sont magistrales. Ce titre, le plus Pop de l’ensemble, est une splendide composition, chantée avec puissance et émotion, avec une superbe couverture de claviers, peut-être banale dans le jeu, mais bourrée d’émotions, et tout cela avec de monstrueuses envolées à la guitare.
« Fragmentaçoes » transpire à tous les instants le Santana Band de l’époque Tom Coster, avec ses climats, ses claviers, ses guitares et ses rythmes. Le guitariste Egidio Conde est très influencé par Carlos Santana (sur tout l’album d’ailleurs). « Neblina » est le prolongement de cette plage, pratiquement dans la même veine. 27 minutes fantastiques.
« Blues do Verdi / Voando a 10.000 por Hora » représente une belle construction d’ensemble où chaque musicien fait progresser cette longue pièce en fonction de sa propre inspiration. On y retrouve, plus particulièrement une très belle partie de basse et une longue intervention au chant qui se finalise par des intonations très Rythm & Blues qui font bizarrement penser à Eric Burdon ; tout cela avec le jeu du guitariste croisant Carlos Santana et le Blues. Un peu anachronique dans le répertoire mais excellent.
« Tema da Batera », dans ses deux versions, montre le batteur Pedrinho Batera dans une prestation éblouissante : une véritable mitrailleuse tant sa vitesse d’exécution est sidérante, tout en restant pure et précise ; à l’image d’un Billy Cobham. Sur la première version, les bruitages apportés par le moog donne un cachet intéressant. Brillant !
A l’opposé, les deux Blues repris en bonus « Blues da Gaita » et « Improviso » sont carrément anecdotiques.
Ma cote générale, très influencée par la sonorité, m’oblige quand même à dire que ce groupe mérite pourtant vraiment de l’intérêt et j’apprécierais d’avoir leurs autres albums en main. En d’autres termes, il me semble évident que ce groupe vaut plus que la cote de ce double CD.
Pays: BR
Musea FGBG 4563.AR
Sortie: 2004/09
