ASIDEFROMADAY – Chasing shadows
Formé à Besançon en 2000, Asidefromaday dispose aujourd’hui de suffisamment d’expérience pour proposer de nouvelles évolutions de son style et de sa musique, qui a eu le temps de mûrir à travers des albums comme « Divine proportion » (2005) et « Manufacture landscape » (2008), précédés par les EP « Maieutics » (2002) et « Setting in motion » (2004).
Julien Loizeau (batterie), Nicolas Chevailler (guitare), Fred Nivard (chant et claviers), David Demesmay (basse) et Sebastien Descamps (claviers) constituent un line-up qui semble stable et qui est passé d’un metalcore débutant à un post-hardcore tout à fait convaincant au fil de ces années. On a même pu distinguer, à l’époque de « Manufacture landscape », des éléments sludge et screamo mais avec « Chasing shadows », Asidefromaday signe ce qui est sans doute son album le plus abouti.
Il faut dire que le groupe a fait le choix de laisser du temps au temps en composant sept titres dont la plupart frôlent les sept minutes et plus, ce qui permet les digressions et la fermentation d’ambiances dramatiques qui gagnent en puissance et en maturité. Lent et cérémonieux, l’album « Chasing shadows » nous place entre les deux yeux un chant hurlé mais pas embrouillé, des guitares massives non dépourvues de finesse et une section rythmique qui élève le mid-tempo puissant en système de pensée.
De « Process of static movement » à « Chasing shadows », Asidefromaday entraîne l’auditeur sur les chemins glissants et autoritaires d’un postcore ayant conservé des aspects sludge et même mathcore, où l’ombre de Neurosis n’est pas loin. On pense aussi à Isis, l’autre groupe incontournable du genre, ce qui souligne le classicisme d’Asidefromaday en la matière. Les bisontins attaquent le morceau long dès le deuxième titre (« Death, ruins and corpses », un intitulé plein d’espoir…) et commencent alors une ascension vers l’excellence tout au long de « Wolf’s tears are falling stars » (affiné par des ondes de synthétiseurs) ou « Black sun » (dont les nappes de synthés ambiants et funéraires ouvrent la voie à un orage sonore dévastateur). Dès lors, les vannes sont ouvertes et le colossal « Through the eyes of the beholder », l’inquiétant « Endless prophecy » et son intro de piano en quarte augmentée puis le babylonien final « Chasing shadows » se déversent sur nos oreilles et illustrent la rencontre titanesque des larmes et du son.
Incontestablement, Asidefromaday commet un album tout en force et savamment préparé, idéal pour accompagner une fin du monde encore hypothétique mais qui arrive en tout cas à point nommé en cette période de Toussaint et de Jour des Morts.
Pays: FR
Division Records
Sortie: 2012/10/05
