JOURNEY – Generations
Le groupe américain Journey est né en Californie en 1973 et est mort une première fois en 1987, pour reprendre vie en 1996 jusqu’à nos jours. Il comprend actuellement Neal Schon (Santana, Bad English), membre fondateur, guitare, chant, Jonathan Cain (Bad English), claviers, chant, guitare, Ross Valory, membre fondateur, basse, chant, Steve Augeri (Tall Stories), chant, et Deen Castronovo (Bad English), batterie, chant. Le producteur est Kevin Elson.
« Faith In The Heartland » débute sur le mode mineur et fait apparaître d’emblée le jeu musclé des guitares de Neal Schon et Jonathan Cain, de même que l’aspect mélodique du morceau. Le chant de Steve Augeri se situe loin au-dessus des standards du genre. L’un dans l’autre, ce morceau est excellent.
Sur « The Place In Your Heart » aussi, le chant de Steve Augeri est bien mis en évidence et les harmonies vocales le parent d’un manteau très élégant. Les guitares « pleurent » littéralement leur solo et sont pour beaucoup dans la qualité de ce morceau de rock mélodique.
C’est Deen Castronovo qui, avec son style déjà bien campé, un peu à la manière de Steve Perry, chante sur « A Better Life », un morceau qui vaut surtout par sa mélodie irrésistible, le jeu des guitares et ses magnifiques harmonies vocales. C’est sans aucun doute l’un des meilleurs titres de l’album.
« Every Generation », avec Jonathan Cain au chant principal, est également un morceau remarquable par le feeling de son chanteur, sa mélodie, sa section rythmique sobre mais toujours présente quand il le faut et le jeu débridé des guitares, avec Neal Schon en vedette.
Par contraste, « Butterfly (She Flies Alone) » est un morceau très doux au début. Cette fois, ce sont les claviers qui tiennent le haut du pavé. La rythmique est mieux mise en avant que sur les morceaux précédents mais les guitares reprennent le contrôle après deux minutes pour distiller un jeu varié et complet sur cette belle ballade qui se termine dans un climat plus agressif.
Morceau énergique aussi que ce « Believe », avec des guitares électriques saturées à souhait lors des soli et une voix, celle de Steve Augeri, qui compte pour beaucoup dans la personnalité du groupe. La mélodie qui prévaut sur ce titre est également agréable à l’écoute.
« Knowing That You Love Me » comporte un peu d’emphase et se veut majestueux mais sans atteindre des sommets. Les guitaristes et le chanteur Steve Augeri se démènent à qui mieux mieux et déploient une énergie considérable sans vraiment parvenir à sauver la face sur cette composition plus faible qui ne s’écarte pas des standards du genre et constitue le ventre mou de l’album. Curieusement, l’aspect mélodique est nettement moins marqué que sur les titres précédents. C’est sans doute l’une des raisons principales de ce flop inattendu.
« Out Of Harms Way » débute comme une attaque à la mitraillette, avec des guitares énergiques et agressives et l’orgue de Jonathan Cain qui se réveille brutalement pour montrer que lui aussi sait y faire. Le reste du morceau tente de montrer le chanteur sous un jour favorable sans vraiment y parvenir. Puissance ne rime pas toujours avec qualité. Ici aussi, l’aspect mélodique est moins soigné et le morceau semble avoir été créé pour mettre la virtuosité de Neal Schon en valeur. Ceci explique sans doute cela.
C’est la voix de Neal Schon que l’on entend sur « In Self-Defense », un titre joué très rapidement, où il place sa voix avec beaucoup d’à-propos et de justesse sans qu’elle ne devienne son point fort. Les harmonies vocales, moins présentes, sont un peu plus faibles qu’au début de l’album mais restent néanmoins un atout majeur. Le jeu des guitares est sans conteste le fait marquant du morceau.
L’attaque de « Better Together » est aussi très rentre dedans et est dominée par des riffs de guitare très agressifs dans le bon sens du terme. Pourtant, cette fois, la basse de Ross Valory est beaucoup mieux mise en valeur et se hisse sans difficulté au diapason des autres instruments.
La voix principale « crue » sur « Gone Crazy » est celle dudit Ross Valory, dans un morceau blues rock rapide où on privilégie plutôt les guitares comme sur le reste de l’album, mais avec un harmonica convié à la fête cette fois. L’aspect mélodique et les harmonies vocales ont disparu et c’est bien dommage car on n’atteint plus la qualité du début de l’album. Ceci dit, ça décoiffe.
« Beyond The Clouds » est une ballade plus calme qui temporise un peu au début la démarche de mise en valeur des guitares qui prévaut sur ce CD, avec une voix de Steve Augeri qui ressemble un peu, toutes proportions gardées, à celle de Steve Winwood. Plus loin, de nouveau, la guitare est privilégiée par la production et c’est sans doute dommage pour ce morceau qui se termine comme il a commencé : dans le calme.
C’est Deen Castronovo qui chante sur « It’s Never Too Late », un morceau au tempo rapide dominé comme par hasard par les sacro-saintes guitares. Pas mal, sans plus. Les harmonies vocales constituent l’un des atouts majeurs du groupe ; on les aurait souhaitées plus présentes.
Ce n’est pas le meilleur album de Journey mais il se laisse écouter sans déplaisir et comporte quelques arguments pertinents tant sur le plan vocal qu’instrumental, surtout au début. Ce rock mélodique fera-t-il plaisir aux fans ? Dans sa première partie, il pourrait même faire de nouveaux adeptes mais après, il laisse à désirer et ne devrait pas plaire à tout le monde.
Pays: US
Frontiers Records FR CD 254
Sortie: 2005/08/29

je suis d’accord avec toi ce n’est probablement pas leur meilleur album mais je pense que sa grande force c’est justement sa grande diversité et une rare qualité de composition. De plus meme si le milieu de l’album est un peu en deça, ne faisons pas la fine bouche la durée est de plus d’une heure c’est rare de nos jours !!